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Perrotin et nous

Magali Lesauvage 15 octobre 2013

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Le Tripostal de Lille fête en fanfare les vingt-cinq ans de la galerie Emmanuel Perrotin, avec une exposition couvrant 6000 m² et réunissant environ 80 artistes. Happy Birthday permet de faire le bilan de notre rapport avec l’une des galeries majeures du marché de l’art, un de ces exemples de réussite que l’on adore détester.

Vue de l’exposition Happy Birthday Galerie Perrotin au Trispostal, Lille, 2013.

Notre rapport à la galerie Emmanuel Perrotin est ambivalent – peut-être comme l’est notre rapport même à l’art contemporain. Dans le milieu de l’art, « Perrotin » est pour beaucoup synonyme de clinquant, de bling-bling, de fric. Pour d’autres, c’est simplement le must. La visite de la gigantesque exposition que lui consacre le Tripostal à Lille s’expérimente comme une errance schizophrénique : de clins d’œil en mini-rétrospectives individuelles, on aime un peu, beaucoup, à la folie, pas du tout.

Schizophrénie

Le moins que l’on puisse dire est que l’exposition ne laisse pas indifférent, avec un rez-de-chaussée propre comme un centre commercial, un second très disparate, et un troisième à moitié plongé dans la pénombre, d’une très grande élégance. D’un côté, la rigueur mathématique des dé-finitions/méthodes de Claude Rutault, de l’autre le kitsch des œuvres de Takashi Murakami ou Aya Takano. Ici la beauté régulée de Bernard Frize en regard du clinquant baroque des verreries de Jean-Michel Othoniel. Là, les nuances quasi imperceptibles d’une installation de couleurs de Pieter Vermeersch qui croisent l’esthétique pubarde d’un JR. Plus loin, l’irrévérence de Maurizio Cattelan face aux recherches de matières du céramiste Johan Creten, ou la subtilité d’une installation d’aimants de Tatiana Trouvé, faisant suite au gore de Damian Hirst.

Après la célébration du grand collectionneur François Pinault en 2007 et de la giga-galerie Saatchi en 2009, pourquoi la ville de Martine Aubry célèbre-t-elle encore un géant du marché de l’art ? Car ceux-là sont ceux qui pratiquent « la recherche des artistes les plus intéressants », répond-elle au Quotidien de l’art. Certes, mais il n’est pas le seul en France – et encore moins le premier. Peut-être est-ce le sens de la fête d’Emmanuel Perrotin (on peut visiter l’exposition sur un cheval en peluche), qui aura convaincu Lille3000, organisateur de l’événement (et précédemment d’Europe XXL ou Fantastic).

Johan Creten, The Vivisector, 2013.

Les vingt-cinq ans de la galerie Perrotin sont l’occasion de regarder le chemin accompli depuis la fin des années 1980, lorsque le Français se lança dans l’aventure, âgé d’à peine plus de vingt ans. De quoi donner de l’espoir aux jeunes entrepreneurs de l’art – même si le contexte n’est pas le même. Trois ans après avoir fermé les portes de sa galerie à Miami, et quelques mois après en ouvert une autre à Hong Kong, Emmanuel Perrotin vient d’inaugurer un espace à New York – célébré par une fête paraît-il mémorable au Russian Tea Room, agrémenté d’un étage occupé par des stands de fête foraine conçus par les artistes eux-mêmes de la galerie, auxquels on a pu voir s’essayer des stars du showbiz comme Pharell Williams.

Vision XXL

À Paris, c’est un hôtel particulier entier, rue de Turenne, qui accueille les expositions de la galerie, auquel s’ajoute une annexe dans l’impasse Saint-Claude adjacente. On y a vu des artistes militants comme Gianni Motti suspendre au plafond des centaines de billets d’un dollar, les membres de Massive Attack se produire en concert privé à l’invitation de JR, ou encore le collectif Gelitin y disposer leur joyeux bordel. On y a vu aussi des expositions de Wim Delvoye, Eric Duyckaerts, Sophie Calle ou Dan Flavin, artistes connus et reconnus, mais aussi d’artistes moins célèbres comme Daniel Firman ou Ivan Argote.

De la peinture, de la sculpture, des installations, du design (peu de vidéos) : la force de la galerie Emmanuel Perrotin est dans sa diversité, dans le fait que tour à tour on abhorre ou on adore ce qu’elle présente, que la vision de l’art contemporain y soit si large qu’elle absorbe le minimal et le kitsch, le conceptuel et le « kawaii », le populaire et l’impopulaire, l’ancien et le jeune. C’est presque à son corps défendant, toujours sur ses gardes, prêt à être choqué ou lassé, que l’on franchit chaque fois le perron de la rue de Turenne (et maintenant la porte cochère de Madison Avenue à New York, ou le lobby de Connaught Road Central à Hong Kong). Mais à chaque nouveau rendez-vous, on y retourne, trop souvent surpris.

HAPPY BIRTHDAY

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