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À Bordeaux, les mondes oubliés de Claude Lévêque et Françoise Pétrovitch

Stéphanie Broisat 15 octobre 2013

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Jusqu’au 26 janvier, l’Institut culturel Bernard Magrez à Bordeaux accueille entre ses murs deux artistes que semblent tout opposer et qui pourtant, partagent un même goût pour la rêverie et la contemplation. Un jeu s’installe entre Claude Lévêque et Françoise Pétrovitch, tandis que leurs œuvres se font l’écho d’un monde perdu où les souvenirs insoupçonnés resurgissent, synonymes d’émerveillement et de solitude. 

Claude Lévêque, Chagrin, 2011.

Le Château Labottière, édifice du XVIIIe siècle rénové par le mécène Bernard Magrez, accueille depuis 2011 des artistes en résidence et des expositions d’art contemporain. Aujourd’hui, il donne carte blanche à Claude Lévêque et Françoise Pétrovitch pour un parcours empreint de poésie et de nostalgie.

L’exposition de Claude Lévêque, intitulée Here I rest, Mon Repos au château, nous invite à une promenade hors du temps, où l’espace du château se transforme en terrain de jeu pour l’artiste, mélangeant allègrement le décor très XVIIIe siècle du lieu à ses expérimentations mécaniques et sa passion pour les lustres et les néons. Un mariage visuel réussi, où soudain une histoire différente se dessine entre ces vieux murs, devenant le laboratoire des souvenirs d’enfance de Claude Lévêque.

Des souvenirs morcelés, à l’image de ce capot démembré servant d’abri à un lustre gigantesque, Déviation, dont la lumière rappelle le monde intérieur de l’artiste. L’atmosphère reste menaçante, comme le montrent ces centaines de pots d’échappements suspendus en l’air, s’entrechoquant au son du groupe de hard rock Van Halen. La couleur est lancée : est-ce que le visiteur (ou bien même l’artiste) osera-t-il s’aventurer dans ce huis-clos où le passé et la modernité s’affrontent, ou restera-t-il sur le côté ? Claude Lévêque a fait son choix, il sera le Conquérant, comme en témoigne son œuvre de 1984, où de la symbolique du bruissement du volcan jaillit la création artistique, nourrie par les souvenirs et le temps qui passe.

Vue de l’exposition Échos de Françoise Pétrovitch à l’Institut Bernard Magrez.

Françoise Pétrovitch, quant à elle, nous émeut par sa sensibilité exacerbée. Ses personnages, autant de figures fantomatiques, ombres de leur propre existence, nous rappellent qu’il est impossible d’échapper à sa destinée. Les couleurs, délavées, rompues, s’évadent comme le temps qui passe. C’est l’enfance perdue qui laisse des marques indélébiles, comme le montre sa vidéo Écho, également titre de son exposition : une projection subtile de 200 dessins, mis bout à bout sans véritable fil narratif, où seule la guitare électrique d’Hervé Plumet et le bruit de l’eau dans une baignoire accompagnent ce voyage onirique peuplé d’enfants et d’oiseaux.

Des visions menaçantes pointent leur nez malgré l’atmosphère sereine du lieu, où les visages adolescents prennent des traits inquiétants. Fillettes au regard mi-clos, absorbées par leurs propres pensées, et garçons aux corps quasi-inexistants donnent à voir l’enfance qui ne peut fuir devant sa propre disparition.

CLAUDE LÉVÊQUE

12/10/2013 > 26/01/2014

Institut Culturel Bernard Magrez

BORDEAUX

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Exposition terminée
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