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Pompéi échappera-t-elle à la mafia napolitaine ?

Stéphanie Broisat 25 septembre 2013

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Dégradé par le tourisme, le site de Pompéi, en cours de restauration, est le théâtre de pratiques frauduleuses. L’unité de lutte anti-mafia (Direzione Investigativa Antimafia, ou DIA), à Naples, a ouvert une enquête.

Vu de la Casa di Sirico © Grande Progetto Pompei.

Après un appel lancé pour la sauvegarde du site de Pompéi, l’Union européenne et le gouvernement italien ont investi près de 105 millions d’euros afin d’éviter qu’il ne tombe en ruines. Suite aux incidents qui ont secoué le site, comme la chute d’un pilier de la maison de Loreius Tiburnitus ou les effondrements de pans de murs dans la Maison des Gladiateurs, il devenait plus qu’urgent d’agir. Mais après avoir été recouverte pendant près de 2000 ans par les cendres du Vésuve, la cité mythique qui souffre de corruption et de coupes budgétaires doit maintenant subir les attaques de la mafia.

Le commissaire européen à la tête du grand projet de restauration du site de Pompéi, Johannes Hahn, avait pourtant prévenu, au mois de février de cette année, que la camorra (la mafia napolitaine) n’aurait pas sa place sur le chantier. Aussi des mesures exceptionnelles ont-elles été prises, comme nommer un préfet sur place et munir tous les ouvriers d’un badge afin d’accéder au site. Une volonté de rupture avec la mauvaise gestion du passé mais aussi une précaution prise en grande partie à cause du scandale financier qui avait éclaboussé le projet.

À peine le déblocage de l’argent annoncé, l’ancien directeur du site, Marcello Fiori, ainsi que des ingénieurs ont été accusés d’avoir détourné des fonds destinés à la restauration de l’amphithéâtre de la ville antique. Une odeur de corruption et d’escroquerie planant dans l’air, la transparence était donc de mise. Mais ce problème ne se révéla être au final que le sommet de l’iceberg, puisque les contrats douteux passés avec des sociétés de construction semblent être aujourd’hui monnaie courante, et ce, depuis le début des opérations de restauration. Ainsi, le quotidien britannique The Independent a-t-il mis en lumière le cas d’un devis dont le montant initial de 500 000 euros est passé au chiffre spectaculaire de 5 millions d’euros, remettant en cause les efforts fournis pour limiter les abus qui se succèdent depuis un an déjà.

Travaillant en étroite collaboration avec le ministère de la culture et la police, la DIA concentre ses principaux efforts sur l’endiguement du crime organisé sur le site de Pompéi, et se focalise sur trois maisons : la Casa delle Pareti Rosse, la Casa di Sirico et la Casa del Marinaio.

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