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Première exposition en France de Vincent, peintre oublié du néo-classicisme

Stéphanie Broisat 24 septembre 2013

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Célèbre rival de David à la fin du XVIIIe siècle, François-André Vincent (1746-1816) est un de ces peintres mal-aimés du néo-classicisme, tombé progressivement dans l’oubli. L’exposition organisée à Tours et Montpellier entend-elle redonner à l’artiste sa place dans l’histoire de l’art.

François-André Vincent, Triple portrait de l’artiste, de l’architecte Pierre Rousseau et du peintre Coclers dit van Wyck, 1775, Paris, musée du Louvre © Daniel Arnaudet Service presse/MBA Tours.

Relativement ignoré par l’historiographie artistique française, François-André Vincent fut pourtant un portraitiste reconnu, ainsi qu’un dessinateur de grand talent, proche de Fragonard. En constante rivalité avec Jacques-Louis David, il est rapidement supplanté par celui-ci, et son travail plonge petit à petit dans l’ombre. Élève de Vien et Grand Prix de Rome en 1768, il souffre aujourd’hui de l’image d’un néoclassicisme longtemps considéré comme dépassé.

Vincent s’est pourtant illustré comme un peintre à l’univers varié, inspiré de l’histoire de France et de l’Antiquité. Sujets moraux et religieux forment l’essentiel de son travail, constitué également de scènes de genre et de portraits caustiques d’animaux. Mais il est surtout un artiste qui n’a pas eu de « chance », selon les termes de Jean-Pierre Cuzin, commissaire de l’exposition et auteur du catalogue raisonné de l’artiste. Outre une réputation qui s’est effilochée avec le temps, ce sont ses œuvres qui ont le plus souffert : tableaux perdus ou brûlés, quand ils n’ont pas été attribués à d’autres peintres (Vélasquez, Delacroix ou Géricault). Reconstituer l’œuvre de Vincent est une tâche ardue et qui prête encore à polémique, notamment quant à certains dessins.

François-André Vincent, Alcibiade recevant les leçons de Socrate, 1777, Montpellier Agglomération, musée Fabre © Frédéric Jaulmes Service Presse/MBA Tours.

Fougue et fermeté

Pour la première fois en France est organisée une exposition ayant pour vocation de faire découvrir au public un artiste peu connu et qui a pourtant marqué son époque. Avec l’aide du réseau FRAME (French Regional American Museum Exhange), qui favorise la coopération culturelle entre vingt-six des plus grands musées régionaux français et d’Amérique du Nord, ce sont onze établissements qui prêtent des œuvres majeures de leurs collections. Parmi celles-ci, il sera possible d’admirer au Musée des Beaux-Arts de Tours, à partir du 19 octobre, Démocrite et les Abdéritains du Los Angeles County Museum, La Leçon de Labourage du Musée des Beaux-Arts de Bordeaux ou encore L’Enlèvement d’Orythie du Musée des Beaux-Arts de Rennes. À noter un prêt tout à fait exceptionnel de la part de l’Assemblée Nationale de Molé et les factieux, chef-d’œuvre accompli selon les critiques de l’époque, qui saluèrent la « fierté » du coloris « vigoureux et chaud » ainsi que la « fermeté » du dessin et la « fougue » de pinceau. Aux toiles s’ajoutent une quarantaine de croquis et de caricatures.

Il sera par ailleurs possible,  à partir du 8 février, d’admirer l’exposition au musée Fabre de Montpellier, associé à l’organisation de cet événement, ainsi qu’une sélection de dessins de Vincent dans les collections publiques et privées parisiennes au Musée Cognacq-Jay, au printemps 2014. Une manière de redonner sa place à un artiste considéré comme précurseur du romantisme.

FRANÇOIS-ANDRÉ VINCENT

19/10/2013 > 19/01/2014

Musée des Beaux-Arts de Tours

TOURS

L'exposition apporte la révélation d'un grand artiste jusqu'ici méconnu et dont les œuvres enrichissent des collections publiques et pri...

Exposition terminée
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