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« Vues d’en haut » : à Metz, le monde autrement

Magali Lesauvage 23 septembre 2013

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La magistrale exposition Vues d’en haut fait voyager les visiteurs du Centre Pompidou-Metz dans les hautes sphères de l’art. Quelques jours avant sa fermeture (le 7 octobre), retrouvez en images ces visions d’artistes qui permettent de voir le monde sous un angle nouveau. 

Nadar, Vue aérienne de l’Arc de Triomphe en 1868 © RMN-Grand Palais (musée d’Orsay)/Hervé Lewandowski.

Nadar montant dans une montgolfière pour photographier Paris est sans doute l’un des gestes artistiques les plus importants du XIXe siècle. Le photographe-entrepreneur livre alors une vision jamais vue de la capitale (ni la Tour Eiffel ni le Sacré-Cœur ne sont encore construits), qui permet notamment de distinguer les travaux d’urbanisation du baron Haussmann. Une révolution.

Robert Delaunay, Tour Eiffel et Jardin du Champs de Mars, 1922 © Hirshhorn Museum and Sculpture Garden, Smithsonian Institution, The Joseph H. Hirshhorn Bequest, 1981. Photography by Lee Stalsworth.

1922 : la Tour Eiffel a 33 ans, et signale au monde le magistère technique et artistique de la France. C’est elle que Delaunay choisit à plusieurs reprises de représenter, notamment dans cette folle vue de l’œuvre surplombant le Champ-de-Mars : l’architecture et ses jardins deviennent alors des motifs géométriques dynamiques, tournoyant en tourbillon vertigineux, à la limite de l’abstraction. La perspective classique de la Renaissance est définitivement renversée.

 Laszlo Moholy-Nagy, Vue de Berlin depuis la tour de la Radio, 1928, Centre Pompidou, Musée national d’art moderne © ADAGP, Paris 2013 © Georges Meguerditchian.

Dans les années 1920, les recherches sur la forme en art n’épargne pas la photographie. L’artiste d’origine hongroise Laszlo Moholy-Nagy joue sur les lignes graphiques du paysage urbain de Berlin plongé dans la neige, dans le prolongement de ses expérimentations picturales et cinématographiques. Un certain courant de la photographie est né, dans un formalisme qui frôle l’abstraction. 

Vassily Kandinsky, Zwei [Deux], 1924, œuvre sur papier,Centre Pompidou, Musée national d’art moderne, Paris © Adagp, Paris 2013/Jean-Claude Planchet.

L’esthétique planimétrique, qui naît avec les nombreuses photos aériennes prises pendant la Première Guerre mondiale, influence les artistes d’avant-garde, notamment ceux épris d’abstraction, comme les constructivistes du Bauhaus, ou Malévitch et les suprématistes. Pureté des lignes et abstraction linéaire inspirent ainsi Kandinsky, qui ne se détache pas là totalement de la représentation figurative.

Jackson Pollock, Painting (Silver over Black, White, Yellow and Red), 1948, Centre Pompidou, Musée national d’art moderne, Paris © ADAGP, Paris 2013/Philippe Migeat.
De la terre vue du ciel à l’œuvre vue du dessus : Jackson Pollock renverse la toile pour réaliser ses drippings, dansant littéralement au-dessus d’elle pour y verser la peinture. Une sorte de cartographie délirante apparaît alors. Dans ces all-over, la toile semble appartenir à une réalité sans limites.

Ed Ruscha, Wen Out for Cigrets, 1985, collection Sylvio Perlstein, Belgique © Ed Ruscha.

À la vision verticale du New York de la modernité (le fameux « New York c’est une ville debout » de Céline dans Voyage au bout de la nuit) succède la vision horizontale du Los Angeles contemporain, grille lâche qui laisse filtrer à travers elle les rêveries les plus étranges. La ville vue de ses collines devient alors un motif en soi, comme ici chez Ed Ruscha.

Andreas Gursky, Pyongyang, 2007 © Adagp, Paris 2013/Kunstmuseum Wolfsburg.

Voir de haut signifie aussi surveiller, dominer, contrôler. L’artiste allemand Andreas Gursky livre ici une photographie quasi abstraite d’une parade nord-coréenne, où l’individu est noyé dans la masse pour créer un tableau figuratif, et offrir une vision idéale du pays totalitaire. Optant pour un très grand format (l’image mesure près de quatre mètres de haut), Gursky pose par ailleurs la question de l’image vraie et de l’image fausse : que choisit-on de regarder ? l’ensemble ou le détail ? quelle est la réalité ?

VUES D’EN HAUT

17/05/2013 > 07/10/2013

Centre Pompidou-Metz

METZ

L’exposition Vues d’en haut revient sur un sujet de fascination : la vue de la terre depuis le ciel, des premières photographies aérie...

Exposition terminée
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