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Révolution russe : le musée de l’Ermitage s’ouvre à l’art contemporain

Stéphanie Broisat 11 septembre 2013

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L’Ermitage, à Saint-Péterbourg, est l’un des anciens et des plus riches musées d’art au monde. Mais faute de moyens et toujours marqué par l’ère soviétique, l’établissement peine à rattraper des années d’immobilisme. Mikhail Piotrovsky, son directeur, s’engage dans un projet ambitieux : faire entrer l’art contemporain au sein du prestigieux établissement.

© Josep Renalias

Abritant historiquement des œuvres de l’Antiquité et de la période classique, la collection de ce musée compte parmi les plus belles du monde. Sur ses murs, il est ainsi possible d’admirer des toiles de Rembrandt, Rubens, Matisse, ou encore Gauguin. Une collection nourrie par les tsars de Russie, Catherine II ayant été l’investigatrice des acquisitions formant le noyau du musée.

Mais aujourd’hui, la priorité semble être de faire de l’Ermitage un musée « universel ». Déjà en 2010, le directeur, Mikhail Piotrovsky avait accueilli l’exposition Newspeak en collaboration avec la célèbre galerie Saatchi de Londres, amorçant le changement d’optique d’un musée englué dans son passé.

Ainsi, l’agrandissement du musée de l’Ermitage semble initier le virage instauré par son directeur vers l’art contemporain, et plus généralement vers l’art d’aujourd’hui et de demain. L’inauguration est prévue au moment de la célébration des 250 ans du musée en 2014, tandis que la bâtisse de l’État-major général se voit attribuer les prestigieuses collections du XIXe et début du XXe siècles, mais aussi des expositions temporaires d’art contemporain. Une manière d’intégrer l’art actuel à l’art classique et de représenter toutes les époques confondues, tout en préparant le musée au nouveau millénaire, comme l’explique Mikhail Piotrovsky.

Ankylosé par le communisme (en 1948, Staline ordonne le démantèlement du musée) et malgré la présence d’artistes modernes qui avaient fait eux-mêmes don de leurs œuvres (Pierre Soulages, Fernando Botero, Louise Bourgeois, Bernard Buffet, Ilya Kabakov, Robert Rauschenberg), l’Ermitage restait fragile. Une situation aggravée par un budget faible, offrant une marche de manœuvre réduite à son directeur, ainsi que l’impossibilité d’acquérir de nouvelles œuvres. Pour financer son ambitieux projet, Mikhail Piotrovsky a multiplié les opérations de sponsoring (le plus célèbre restant la célèbre marque Coca-Cola, en 1993), les locations d’expositions à l’étranger et les partenariats avec d’autres institutions, afin de combler les lacunes des collections. En 2003, le budget du musée grimpe à 20 millions de dollars, dont 10 apportés par l’Etat. En 2013, il atteint les 130 millions.

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