Votre action a été enregistrée avec succès !


expo_une_favori
expo_cercle_1 CY TWOMBLY

30/11/2016 > 24/04/2017

Centre Pompidou

- PARIS

expo_cercle_3 SOULÈVEMENTS

18/10/2016 > 15/01/2017

Jeu de Paume - PARIS

LA NEWSLETTER

Le musée de l’Histoire de la France en Algérie va ouvrir malgré la polémique

Stéphanie Broisat 11 septembre 2013

Share on FacebookTweet about this on TwitterGoogle+

Le musée de l’Histoire de la France en Algérie, projet porté par la communauté d’agglomération de Montpellier qui avait suscité la polémique lors de son lancement, devait être achevé début 2012. Pourtant, il commence seulement à prendre forme, pour une ouverture prévue en 2015.

© Atelier d’architecture Ferri

2003 : Georges Frêche, maire de Montpellier, décide de consacrer un musée à l’histoire de la France en Algérie, de 1830 à 1962. L’ambition portée par ce projet est de créer un musée d’histoire et de sociétés, « dans une approche historique classique ». Il réalise une promesse de Georges Frêche à des associations de rapatriés afin de « rendre hommage à ce que les Français ont fait là-bas… ». Sa réalisation, estimé à plus de 19 millions d’euros, est financée à 90 % par l’agglomération de Montpellier, le département de l’Hérault et la Région Languedoc-Roussillon apportant chacun 1 million d’euros. Des groupes politiques locaux s’élèvent alors contre ce projet, y voyant un « éloge » ou une « réhabilitation » du colonialisme.

Un projet né sous le signe de la discorde et du malaise donc. Tandis que certains y voient une manière pour Georges Frêche de s’approprier les voix des rapatriés, le maire se défend en arguant de la volonté de mettre en valeur « l’œuvre française ». Une position quelque peu ambiguë quand on se remémore les célèbres saillies verbales de cet homme politique haut en couleur, comme celle qualifiant  les harkis de « sous-hommes »…

Cependant, la mise en place du chantier patine. En 2004, la socialiste Hélène Mandroux, successeur de Georges Frêche à l’Hôtel de Ville, refuse d’édifier un « monument à la gloire du colonialisme ». Un projet finalement repris par la communauté d’agglomération de Montpellier, dont M. Frêche est président, et décrié à l’époque comme une manière de préparer les élections régionales de 2011, où Georges Frêche s’est porté candidat. Certains universitaires formant le conseil scientifique refusent de cautionner cette mémoire coloniale et démissionnent. Un nouveau coup dur pour ce musée de plus en plus mal vu. Daniel Lefeuvre, professeur d’histoire à l’université Paris-VIII, déclare alors : « Nous ne sommes pas là pour servir la soupe aux politiques ni aux rapatriés ». La contestation se fait également sentir en Algérie. Le Quotidien d’Oran y voit un musée de haine destiné à servir l’apologie du colonialisme.

Une ouverture prévue pour 2015

Georges Frêche est décédé en 2010, et il aura fallu près de dix ans pour que débute la construction. Le musée de l’Histoire de France en Algérie 1830-1962, installé dans l’hôtel Montcalm, devrait être constitué d’un parcours permanent, déployé sur 750 m², qui présentera les grands repères historiques de cette période, tandis que des expositions temporaires viendront approfondir certaines thématiques. A cela s’ajoute un pôle public, constitué d’une bibliothèque-centre de documentation, d’un auditorium et d’une « salle conviviale », lieu d’échanges et de discussion.

Des acquisitions d’œuvres d’art – tableaux de Chassériau et Fromentin, sculpture de Cordier, albums lithographiques et photographiques du XIXe siècle, rares manuscrits (dont des lettres de Bugeaud, Abdelkader, Tocqueville, Victor Hugo), objets ou objets populaires (costumes, journaux, affiches…) – permettront de remettre en lumière une période aussi riche que douloureuse. Trouver le juste équilibre pour traiter un sujet aussi sensible, voila le défi complexe que s’est fixé l’établissement, dont l’inauguration en 2015 devrait provoquer de nouvelles contestations.


LES DERNIERS ARTICLES

AJOUTER UN COMMENTAIRE