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Loti, le dandy exotique, au quai Branly

Magali Lesauvage 4 septembre 2013

Vous aimez les histoires de marins au long cours, vous déguiser en dieu égyptien, empaqueter des animaux morts ? Vous aimerez forcément Pierre Loti, dandy académicien auquel le musée du quai Branly consacre une exposition-dossier (à voir jusqu'au 29 septembre).

Anonyme, Pierre Loti en costume de dignitaire chinois, Pékin 1900-1901 © Collection Musée Pierre Loti, Ville de Rochefort.

Voici Pierre Loti, cinquante ans, ancien officier de marine, en costume de dignitaire chinois. L'image frise le ridicule. Le costume est trop grand pour lui, le visage sévère est posé sur une pyramide de luxueux brocart et sous un chapeau démesuré, et semble prêt à être soufflé par une carabine de foire. Les potiches qui l'entourent ne font pas plus réelles. Bref, ça ne colle pas.

Toute l'ambiguïté et la complexité de l'exotisme sont contenues dans cette image : l'intention y est, la volonté de se fondre dans le décor, de vivre l'expérience de l'Autre pour échapper à soi et au déterminisme des origines. Mais, Gauguin et Segalen en ont fait le constat avant Loti, l'exotisme est l'échec du désir. L'ailleurs, on le porte déjà en soi, « au centre mystérieux de la pensée », comme l'écrivait le peintre exilé à Tahiti. Fuir aux antipodes pour « se trouver » au contact de civilisations n'a fait qu'accentuer chez chacun le sentiment irrémédiable de perte de l'innocence. C'est pourtant sur ces bases éminemment romantiques – mais un romantisme déçu, sans espoir – que naît le primitivisme qui influencera les artistes de la génération suivante – Picasso, Giacometti, Brancusi.

Vue de l'exposition « J'arrive, j'aime, je m'en vais » – Pierre Loti, l'ambigu exotique © musée du quai Branly, photo Gautier Deblonde.

Le musée des fantasmes

Cette course éperdue vers l'authenticité inaccessible peut expliquer le collectionnisme des grands explorateurs – ou des amateurs d'art du début du XXe siècle, comme Charles Ratton exposé simultanément au quai Branly. Ainsi la petite exposition « J'arrive, j'aime, je m'en vais » – Pierre Loti, l'ambigu exotique montre-t-elle une série d'objets ayant appartenu à l'auteur du Mariage de Loti, de Pêcheur d'Islande ou de Madame Chrysanthème, qui a sillonné le globe et fait des escales marquantes en Polynésie, au Sénégal, en Chine, au Japon, en Turquie, mais aussi en Bretagne et au pays basque. Dandy exotique, il se travestit en dieu Osiris, en dignitaire chinois ou en momie égyptienne, et collecte dès l'enfance artefacts et naturaliae, s'essaie au décor et au costume de théâtre.

L'académicien recrée ainsi chez lui le musée de ses fantasmes d'ailleurs. Peu importe en effet la réalité, le romancier n'est pas ethnologue – même s'il se dit préoccupé par la disparition des anciennes civilisations, comme celles de l'île de Pâques et des Marquises, dont il tente de garder le souvenir par le dessin. Homme de paradoxes, Loti conspue le gâchis provoqué par l'Occident et la colonisation dont il est un pur produit, tout en jouant à l'empereur chinois. À Constantinople, il déambule en costume ottoman et défend un régime autoritaire, mais fait l'éloge de la liberté des marins.

Le voyageur infatigable fait de sa maison natale de Rochefort une sorte de scène de théâtre où il peut jouer ses divers rôles, un sanctuaire retiré du temps et du monde où revivre les étapes de ses traversées. Il bâtit une reconstitution bluffante de l'intérieur d'une mosquée, et fait de sa maison son propre mausolée. Ainsi, tel un pharaon réglant tous les détails de l'au-delà, Loti s'entoure d'objets, de végétaux et d'animaux soigneusement empaquetés, et se photographie en momie. Comme s'il avait souhaité prendre les devants pour affronter la mort, grande compagne de ses nombreux voyages.

« J’ARRIVE, J’AIME, JE M’EN VAIS »

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exposition terminée
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