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En Russie, Poutine en nuisette provoque la censure homophobe

Stéphanie Broisat 3 septembre 2013

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Un tableau peint par l’artiste Konstantin Altounine, opposant au président russe Vladimir Poutine, représentant ce dernier en sous-vêtements, a été saisi par la police au musée de Saint-Pétersbourg. L’établissement a été fermé tandis que le peintre est parti en exil en France.

Un visiteur prend une photographie du tableau Travestis de Konstantin Altounine au Musée du Pouvoir de Saint-Pétersbourg © Reuters

La chasse aux sorcières continue en Russie. Alors que la liberté d’expression reste fragile, l’artiste russe Konstantin Altounine s’est vu dans l’obligation de quitter son pays pour la France suite à la saisie d’une de ses œuvres. Après avoir été alertée par un citoyen au sujet de quatre toiles « en infraction avec la législation russe », la police s’est rendue dans un musée de Saint-Pétersbourg, le musée du Pouvoir, afin de saisir les tableaux incriminés. Armés de kalachnikov, les policiers ont mis les lieux sous scellés tandis que « les experts examinent actuellement » les toiles en question, comme l’explique M. Steptchenko, porte-parole de la police, qui reste cependant flou à propos des lois russes ayant pu être violées.

Dans un climat flirtant avec l’homophobie, la loi évoquée pourrait être celle interdisant toute propagande homosexuelle devant des mineurs. Loi controversée qui a suscité bon nombre de critiques. Ainsi, l’un des tableaux, Travestis, représente Vladimir Poutine en nuisette, coiffant Dmitri Medvedev, qui porte, quant à lui, culotte et soutien-gorge. Un autre montre le député Vitali Milonov, auteur de la loi controversée pénalisant la propagande homosexuelle devant des mineurs, se tenant debout devant un drapeau aux couleurs arc-en-ciel, symbole de l’homosexualité. Un troisième, qui s’intitule Le Parti communiste de l’Union soviétique dans l’Eglise orthodoxe, montre un criminel dont le corps porte, tatoués, le visage du patriarche russe Kirill et une effigie de Staline.

Le fondateur du musée, Alexandre Donskoï, a accusé le député Milanov d’être à l’origine de la fermeture du lieu. Un flot de violences verbales a mis le feu aux poudres lorsque le député a déclaré, selon des médias locaux, qu’il ne voulait pas être peint « avec un drapeau brandi par des pervers et des sodomites séropositifs », ajoutant qu’il y avait « trop de punaises » et qu’il était « temps de les exterminer », faisant clairement allusion aux libéraux et aux homosexuels.

Dans cette ambiance électrique, le peintre Konstantin Altounine a choisi de quitter la Russie après avoir appris que des policiers l’attendaient chez lui.

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