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Félicie de Fauveau, sculptrice, royaliste, féministe

Stéphanie Broisat 2 septembre 2013

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Personnage oublié de l’histoire de la sculpture, artiste imaginative dotée d’une grande originalité, Félicie de Fauveau a pourtant marqué son temps. Le musée d’Orsay lui offre une rétrospective dévoilant l’univers unique d’une femme à la fois nostalgique d’une époque révolue et terriblement en avance sur son temps. Belle initiative.

Ary Scheffer, Portrait en buste de Félicie de Fauveau, 1829, Paris, musée du Louvre © René-Gabriel Ojéda.

Née à Livourne au début du XIXe siècle, Félicie de Fauveau fait figure de pionnière. Première femme à vivre de son art, la sculpture, elle se tourne très tôt vers cette discipline, la mort de son père l’obligeant à assurer la subsistance de sa famille. Autodidacte, Félicie de Fauveau apprend grâce aux livres et reproduit les œuvres des maîtres, particularité qu’elle aime mettre en exergue, à une période où les femmes doivent s’éduquer par elles-mêmes.

C’est à vingt-six ans qu’elle connait la renommée, grâce à un relief inspiré de Walter Scott et représentant Christine de Suède et son écuyer, exposé au Salon de 1827. Admirée par Stendhal et Dumas, l’œuvre est saluée par la critique, et annonce le romantisme. Elle obtient dès lors plusieurs commandes importantes du roi Charles X et de commanditaires privés, comme le comte de Pourtalès pour lequel elle réalise le Monument à Dante et la Lampe de Saint Michel, présentés dans l’exposition.

Royaliste et féministe

Royaliste, catholique et féministe, Félicie de Fauveau se crée un style personnel, tant dans son apparence que dans son art. Nourrie par l’iconographie religieuse et les références à l’art du Moyen-Âge et de la Renaissance, elle produit statues et statuettes, monuments, reliefs, bustes et objets d’art décoratifs dans divers matériaux (plâtre, marbre, bronze). Échappant aux courants de son époque, elle fait figure d’inclassable dans sa volonté de retrouver l’essence d’une époque révolue, celle de la monarchie de droit divin, tout en exaltant les références aux primitifs italiens.

Félicie de Fauveau et Jean-Honoré Gonon (fondeur), Lampe de saint Michel, 1830, Paris, musée du Louvre © Patrice Schmidt.

Dans la lignée des artistes à l’esprit troubadour, Félicie de Fauveau, à l’allure volontairement masculine, comme ses amis peintres se plaisent à la représenter, se forge une histoire digne des plus grandes héroïnes. Fascinée par la chevalerie, elle se spécialise dans la création de dagues aux motifs historiques et littéraires, comme le couteau représentant une scène de Roméo et Juliette, tandis que son caractère frondeur lui vaut en 1832 une condamnation pour avoir organisé un soulèvement contre l’accession au trône de Louis-Philippe.

La royaliste Félicie de Fauveau termine sa vie en exil à Florence, où ses excentricités vestimentaires – cheveux courts et gilet d’homme portés sur une robe taillée en amazone, le tout teinté de style gothique – font d’elle, pendant plus de cinquante ans, une véritable attraction, tandis que son œuvre sombre dans l’oubli. Jusqu’à sa tardive redécouverte à la fin du XXe siècle.

FÉLICIE DE FAUVEAU

11/06/2013 > 15/09/2013

Musée d'Orsay

PARIS

Le personnage de Félicie de Fauveau (1801- 1886) est aussi emblématique qu'il est unique. Nostalgique d'une époque qu'elle n'a pas vécue...

Exposition terminée
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