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Un voleur d’art trompe la vigilance de Sotheby’s

Stéphanie Broisat 27 août 2013

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Subtilisé en mars dernier au musée Van Bommel Van Dam, aux Pays-Bas, un relief de l’artiste contemporain Jan Schoonhoven, adjugé fin juin à Londres plus de 200 000 euros chez Sotheby’s, vient d’être retrouvé. Le voleur, usant d’un habile stratagème, avait réussi à vendre l’objet aux enchères à la célèbre maison de vente. L’expert Paul van Rosmalen a cependant réussi à lever le voile sur la supercherie. Retour sur une affaire des plus rocambolesques.

R69-32 © Jan Schoohoven.

Dans la nuit du 21 au 22 mars, deux hommes se sont introduits dans le musée Van Bommel Van Dam de Venlo pour voler trois reliefs de Jan Schoonhoven : R69-32 (1969), R70-29 (1970) et Etoiles (1968) ainsi qu’un tableau sans titre (1973) du tchèque Tomas Rajlich. L’Art Loss Register (ALR), une base de données internationale rassemblant des informations sur les œuvres d’art volées, est alertée, avant de prévenir Sotheby’s, trois mois plus tard, qu’une des œuvres prochainement mises aux enchères pourrait correspondre à l’un des reliefs dérobés. Cependant, le titre du Schoonhoven perdu n’avait, semble-t-il, rien à voir avec celui de l’œuvre qui s’apprêtait à être mise aux enchères. « Nous avons confirmé à l’ALR que le titre de l’œuvre se trouvant au dos de celle-ci (R69-39) ne correspondait pas au titre renseigné dans leur base de données (R69-32) et l’ALR n’a pas répondu pour nous notifier qu’ils pensaient malgré cela que l’œuvre avait été volée », assure Sotheby’s, selon l’AFP. C’est ainsi que le 26 juin, le couperet tombe. Les galeries d’art, la Mayor Gallery, à Londres, et la galerie Borzo à Amsterdam, habituées à travailler en collaboration, se portent acquéreurs du Schoonhoven pour une valeur d’environ 200 000 euros.

Cependant, la galerie Borzo n’est pas n’importe quelle galerie. Spécialiste de l’artiste néerlandais, Paul van Rosman s’étonne de la mise en vente de l’œuvre R69-39, qu’il a déjà en sa possession. N’ayant pas personnellement assisté à la transaction, il demande de plus amples informations à ses homologues anglais. En lui envoyant des photos, le doute n’est plus permis. Pour un néophyte, il est facile de se tromper : les œuvres de Jan Schoonhoven ayant été réalisées en série, la différenciation se joue au détail. C’est ainsi qu’il découvre une légère altération infligée au titre. Le R69-39 est en vérité le R69-32.

La vente annulée

La vente de Londres a été bien évidemment annulée tandis qu’une enquête a été ouverte. L’ARL, quant à elle, confirme ne pas avoir donné suite car ni elle ni Sotheby’s ne savaient que le chiffre avait été changé. De plus, personne ne met en doute la bonne foi de Sotheby’s dans cette affaire.

L’histoire connait pourtant un rebondissement le 14 août, lorsqu’un mystérieux homme se rent au poste de police d’Amsterdam en possession des deux autres reliefs de Jan Schoohoven volés. Identifié sous le nom de Ryan L. dans les médias néerlandais, cet homme est interpellé sur le champ. Soupçonné de recel, celui-ci affirme avoir acheté en toute bonne foi les œuvres pour une centaine d’euros, selon le quotidien néerlandais NRC Hanselsbald. Les deux reliefs remis à la police sont déjà revenus au musée de Venlo tandis que le relief mis aux enchères se trouve encore à Londres, selon des sources concordantes. Quant au tableau de Tomas Rajlich, il reste toujours introuvable.

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