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Le bel éclat de Danh Vo

Stéphanie Broisat 14 août 2013

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Exposition labyrinthique au Musée d’art moderne de la ville de Paris. Jusqu’au 18 août, Danh Vo – Go Mo Ni Ma Da retrace petit à petit l’histoire du Vietnam, de l’Amérique et de la liberté.

Vue de l’exposition de Danh Vo, Go Mo Ni Ma Da au Musée d’Art moderne de la Ville de Paris, 2013 © Pierre Antoine. Courtesy Collection Thea Westreich Wagner et Ethan Wagner, New York.

Même s’il est facile, de prime abord, de relier les œuvres de Danh Vo à son histoire personnelle, il faut avant tout y voir la force politique qui s’en échappe. L’exposition présentée ici est axée sur les principaux questionnements de l’artiste concernant la liberté, la fragilité des sociétés libérales et la décolonisation.

S’articulant autour de quatre groupes d’œuvres, la visite commence par une note majestueuse. Trois lustres provenant du Centre de Conférences Internationales, avenue Kleber (anciennement l’Hôtel Majestic) trônent fièrement à l’entrée. Ce lieu, chargé d’histoire, est surtout connu pour avoir accueilli en 1973 la signature des Accords de paix entre les Etats-Unis et le Vietnam. Les trois lustres exposés ont servi d’ornement à la salle de bal où l’événement s’est déroulé, devenant par la même occasion « les témoins silencieux d’un moment d’histoire qui ne marque pas la fin d’une guerre mais le début d’une tragédie qui a touché des millions de personnes ».

S’ensuit une série de neuf œuvres regroupant des objets acquis par Danh Vo lors d’une vente organisée par Sotheby’s le 23 octobre 2012 intitulée, « Les années à la Maison Blanche de Robert S. Mc Namara », secrétaire à la Défense américaine sous les présidences de Kennedy et Johnson, considéré comme « l’architecte d’une guerre futile ». Ces chaises dépecées laissent la sensation d’une terre en désolation : « Le fait de les disperser n’est pas une violence contre l’histoire mais plutôt un acte désespéré pour trouver l’utilité de ces objets. Je crois que les choses ne sont pas faites pour rester jointes, statiques, c’est l’histoire de tous les jours, les choses deviennent toujours autres et c’est dans ce processus de mutation qu’elles acquièrent leur usage ».

Les débris de la Statue de la Liberté reprennent cette idée de terre en jachère et d’histoire morcelée. We are the people, reproduction de la célèbre statue de Bartholdi, réalisée pour célébrer le centenaire de la Déclaration d’Indépendance, est présentée ici sous forme de fragments, invitant le spectateur à avoir sa propre interprétation de l’œuvre et plus généralement du thème de la liberté. Sans l’avoir visité, l’artiste saisit que ce monument est constitué d’une structure creuse, fine coquille de cuivre tenue par une armature métallique. Il décide d’en faire la reproduction dans un atelier de fonderie près de Shanghai, selon les mêmes méthodes que celles utilisées au XIXe siècle.

La visite s’achève sur les Missions Etrangères de Paris, dont la vocation est l’évangélisation des pays non chrétiens en Asie. Cette section présente ainsi deux tableaux qui retracent le martyr de prêtres catholiques au Vietnam, réalisés en 1842 par des artistes locaux, à la demande du vicaire apostolique du Tonkin occidental.

DANH VO

24/05/2013 > 18/08/2013

Musée d’Art moderne de la Ville de Paris (MAM)

PARIS

Depuis le début des années 2000, Danh Vo développe un travail sur la circulation des valeurs qu’elles soient historiques, politiques, ...

Exposition terminée
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