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Norman Foster fait s’épouser abstraction et émotion au Carré d’Art de Nîmes

Magali Lesauvage 6 août 2013

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Le Carré d’Art de Nîmes fête ses vingt ans. Qui mieux que son concepteur, l’architecte et collectionneur Norman Foster, pour imaginer une exposition à cette occasion ? Celle-ci a pour titre Moving, et évoque en un même élan le mouvement et l’émotion dans l’art, dans un discours sur l’abstraction qui prend tout son sens dans le bâtiment de verre qui fait face à la Maison carrée. Visite.

Vue de la Maison carrée depuis le Carré d’Art de Nîmes.

L’exposition de Norman Foster à Nîmes est une exposition formaliste. Rien d’étonnant à cela, l’admirateur de Buckminster Fuller, qui a dessiné le Carré d’Art, le Millenium Bridge de Londres, le viaduc de Millau ou encore le velum de verre du British Museum, place la ligne et la forme au cœur de son travail d’architecte. Collectionneur d’art avec son épouse Elena Ochoa Foster, il est, bien plus qu’un concepteur de musée, un œil avisé. Sous-titrée Norman Foster on Art, l’expo du Carré d’Art est, bien plus qu’un choix d’œuvres réalisé selon des critères personnels, une véritable dissertation sur l’art.

Comme œuvre inaugurale, Norman Foster a choisi l’un des emblèmes de la modernité : Formes uniques de continuité dans l’espace d’Umberto Boccioni date de 1913. Elle-même inspirée de L’Homme qui marche de Rodin, elle représente l’homme-machine (nous sommes à la veille de la guerre qui verra advenir de véritables corps-armes),  l’idée de mouvement et l’idée en mouvement, l’expansion de la matière dans l’espace et d’une manière générale ce que Foster nomme « les aspects dynamiques de l’art », qu’il lie à son intérêt pour l’aéronautique et l’automobile. L’œuvre fait partie des rares figures humaines présentes, mais rejoint, excusez du peu, les plus grands noms de la sculpture du XXe siècle, Henry Moore et Alberto Giacometti. Dans le même registre figuratif, on croise également des sculptures d’artistes moins connus, tels les totems monumentaux de deux artistes nés dans les années 1920, l’Allemand Hans Josephsohn et le Suisse Matias Spescha.

Ai Weiwei, Untitled, 2010, bois d’huali, collection particulière, vue de l’exposition Moving, Norman Foster on Art, Nîmes, Carré d’Art, 2013. Courtesy Ivorypress.

Mais le propos phare de l’expo, c’est l’abstraction, ici mise en rapport direct avec l’architecture : Ai Weiwei reprend le dôme géodésique de Buckminster Fuller, Dan Flavin colore les cimaises et fait s’épouser les angles, Josef Albers unit les carrés, Bridget Riley fait danser des vagues de formes. Même s’il reste abstrait et minimal, l’art présenté là émeut toujours par son lyrisme – le titre Moving fait d’ailleurs explicitement double référence au mouvement et à l’émotion. Ce sont elles que l’on retrouve dans les toupies de Miguel Angel Rios, cherchant l’accord perpétuel au son de la voix de Maria Callas, ou les visages des 4000 Disparos de Buenos Aires, filmés et assemblés en un long morphing par Jonathas de Andrade, dans une réflexion sur le corps dans l’espace, et l’individu isolé dans la ville.

Ainsi dans de nombreuses œuvres, le regard ne sait où se poser, la vision est mise à l’épreuve : aquarelles marines de Turner, compositions glaçurées de Prudencio Irazabal, all-over d’Andreas Gursky évoquant l’abstraction griffée d’un Clyfford Still. L’exposition se conclut sur un somptueux tableau de Mark Rothko, daté de quelques semaines avant son suicide, et dans lequel le bleu disparaît, absorbé par un noir brutal, qui semble se dilater pour occuper toute la surface : mouvement et émotion n’auront jamais été aussi liés.

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