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Tête-à-tête au musée avec Néfertiti

Stéphanie Broisat 5 août 2013

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Exposition ambitieuse à l’Institut du monde arabeLe Théorème de Néfertiti explore les différents processus d’appropriation des œuvres d’art. Par une habile critique de la muséologie et de la mise en scène des objets, le visiteur est invité à reconsidérer l’acte de regarder. Une thématique qui sort des sentiers battus.

Vik Muniz, Tupperware Sarcophagus, Object (Relicario), 2010. Courtesy Sikkema Jenkins.

Qu’est-ce qui participe à créer le caractère iconique et historique d’une œuvre d’art ? Le temps ? L’espace ? Le discours ? Le Théorème de Néfertiti pose les bases d’une problématique à la fois novatrice et conceptuelle : comment les musées et la sphère publique agissent sur le sens d’une œuvre d’art pour en produire des clichés et des récits. Interroger l’objet, étudier ses mécanismes de décontextualisation et de réappropriation, voici l’invitation que nous lance l’IMA. Un défi pour voir autrement, au travers d’un voyage dans la culture égyptienne de toutes époques, victime de nombreux stéréotypes.

L’exposition, divisée en trois axes, s’attache à replacer avant tout l’œuvre d’art dans son contexte. Historiquement tout d’abord, au travers de sa relation privilégiée avec l’artiste. Une manière de raconter la spécificité du moment et du lieu où l’artiste a agi, et de retourner dans le passé d’un objet pour retrouver son sens premier, comme avec le buste de Néfertiti conservé au Neues Museum de Berlin. Façonné par Thoutmôsis, sculpteur préféré d’Akhenathon, l’objet a vu son histoire remplacé par la question de son attribution à l’Egypte ou à l’Allemagne, faussant le sens de l’objet en lui-même. Daté de 2012, le sarcophage Tupperware de Vik Muniz, œuvre contemporaine d’un artiste occidental, interpelle le visiteur sur le rôle de l’art, les mécanismes de monstration et les siginifications données par les musées.

J&K/Janne Schäfer & Kristine Agergaard, Horus and Anubis in Islamic Cairo, 2006, photographie.

Le second volet s’attarde sur le rapport entretenu entre le regard du visiteur et l’œuvre qu’il a sous les yeux. L’objectif ? Proposer une critique du musée en tant que diffuseur d’images du monde et producteur d’un savoir incontesté. Ici, la mise en place de l’œuvre est interrogée, comme la présentation, étrangère aux intentions de l’artiste et souvent aux antipodes du message premier. Le passeport français et égyptien de l’artiste Georges Hanna Sabbagh, placé sur aux côtés d’un tableau de l’artiste, interroge la nécessité de la question de la nationalité dans la compréhension de la toile. De même que le vase Coca Cola d’Ai Weiwei pose la question de la valeur d’une œuvre signée à côté d’un vase anonyme, critiquant de fait le marché de l’art contemporain.

La dernière partie du parcours du Théorème de Néfertiti cherche à étudier les mécanismes d’élaboration des idéologies par le détournement de symboles. Les pyramides deviennent le logo d’une marque de cigarettes tandis que le London Pictures de Gilbert et George montre la manière dont les médias détournent une image pour dicter l’opinion publique. L’œuvre est réintégrée dans un nouveau contexte, le sens originel ayant été malaxé jusqu’à en perdre sa propre identité, telle cette sculpture sans tête de Balint Havas et Andras Galilée à laquelle a été ajoutée le buste de Néfertiti, devenant une nouvelle œuvre d’art.

LE THÉORÈME DE NÉFERTITI

23/04/2013 > 08/09/2013

Institut du Monde Arabe

PARIS

Le théorème de Néfertiti, selon les concepteurs de cette exposition, c'est tout d’abord l’ensemble des mécanismes, ou encore des cir...

Exposition terminée
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