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Coup de Trafalgar d’une artiste allemande à Londres

Stéphanie Broisat 30 juillet 2013

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Depuis jeudi, une curieuse sculpture en forme de coq bleu géant a élu domicile sur la Fourth Plinth, à Trafalgar Square, à Londres. L’auteure de l’œuvre, l’artiste allemande Katharina Fritsch, est accusée de chauvinisme pro-français. La guéguerre franco-anglaise n’est pas près de se terminer.

Katharina Fritsch, Hahn/Cock, Trafalgar Square, Londres © Will Oliver/IMAGEGLOBE.

Qui aurait pu croire qu’un animal allait créer une telle polémique ? L’objet de la discorde : un coq géant, œuvre de l’artiste allemande Katharina Fritsch, que l’on va pouvoir admirer sur la place Trafalgar pour une période de dix-huit mois. Une sculpture qui a, semble-t-il, rouvert d’anciennes blessures. En effet, d’ardents défenseurs du patrimoine britannique ont pris pour cible ce pauvre gallinacé, qui représente à leurs yeux le symbole du chauvinisme français. Si Katharina Fritsch explique que selon elle, le coq est un symbole du renouveau, du réveil et de la force (voir son titre anglo-allemand évocateur, Cock/Hahn), il n’en n’est pas de même du côté britannique, qui y voit surtout l’emblème de la France conquérante.

Ironie du sort, le socle accueillant la statue de 4,7 mètres de haut est proche de la statue de l’amiral Nelson, héros du Royaume-Uni et vainqueur des troupes napoléoniennes à la bataille de Trafalgar en 1805. Le maire de Londres, Boris Johnson défend quant à lui ce choix controversé : la statue est « un symbole de la capitale mondiale culturelle et artistique ».

En ce sens, la ville de Londres reçoit régulièrement depuis 1998 des œuvres d’art sur ce fameux socle, la Fourth Plinth, qui au XIXe siècle aurait dû être complétée par une statue équestre, mais est restée vide pendant près de 150 ans. On a pu notamment y admirer auparavant un monumental cheval à bascule doré sur lequel trônait un garçonnet, œuvre des Danois Elsmgreen et Dragset, ou encore une statue de jeune femme nue handicapée, par Marc Quinn.

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