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À Nantes, l’ode à la vision de Felice Varini

Magali Lesauvage 30 juillet 2013

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Pour cette nouvelle édition du Voyage à Nantes, le Hangar à Bananes invite l’artiste Felice Varini à investir l’intérieur du bâtiment, et à déployer ses troublants effets d’optique dans une architecture neuve, conçue spécialement pour l’exposition. Troublant.

Felice Varini, vue de l’exposition au Hangar à Bananes – HAB galerie, Nantes, 2013.

L’œuvre qui, depuis les débuts de la biennale Estuaire (aujourd’hui Voyage à Nantes) en 2007, aura le plus marqué les visiteurs, est sans doute la série de fresques in situ réalisée par Felice Varini dans le monumental port de Saint-Nazaire, révélant pas ses motifs abstraits la majesté de ces volumes géométriques neutres.

Et une fois encore, on se laisse prendre. Car on a beau avoir vu des œuvres de Varini à diverses reprises (rien que cette année, Varini expose dans une petite dizaine de lieux, dans l’expo Dynamo au Grand Palais, à Londres, en Suède, à Salon-de-Provence, ou encore à la Biennale d’Istanbul), l’effet de surprise et le désir de se prendre au jeu restent les mêmes. Traçant depuis la fin des années 1970 des formes abstraites dans l’espace, l’artiste suisse de soixante ans dit travailler d’abord sur le point de vue, qu’il nomme « point de lecture ». Et s’amuse à faire se déplacer le spectateur, intervenant directement non seulement sur l’architecture, mais aussi sur le corps de celui qui regarde l’œuvre.

Si on est ici assez loin de Marcel Duchamp, on retrouve en effet chez Varini l’idée que « c’est le spectateur qui fait l’œuvre », puisque la reconstitution des parties de celle-ci nécessite la vision à partir d’un point précis. Le jeu consiste alors à trouver l’axe exact selon lequel s’aligneront les courbes ou les figures tracées : l’œuvre n’existe dans sa forme complète, idéale, que lorsque le spectateur la regarde d’un certain point de vue, mais hors de celui-ci en existent également une infinité d’autres.

Le spectateur à l’affut du saisissement

L’exposition nantaise n’est pas une rétrospective : « Tout est neuf », affirme Felice Varini dans un entretien au Quotidien de l’Art. Même s’il y a là la réactivation d’œuvres déjà présentées ailleurs, « elles sont potentiellement dans une actualité permanente, (et) ne s’inscrivent pas dans un temps donné mais dans une multitude de temps ». Autrement dit, suivant en cela le précepte de l’art conceptuel et des Buren, Weiner ou autre Toroni, l’œuvre est perpétuellement à faire, définie par un protocole, mais non définitive, adaptable à l’environnement dans lequel elle s’insère, « toujours fraîche », comme le déclare Varini.

Voir pour la première ou pour la centième fois une œuvre de l’artiste revient donc au même. Ce qui change, c’est le site. Lequel change totalement l’œuvre. Un dialogue indifférenciable se noue entre la peinture et le support. Pour l’exposition du Hangar à Bananes, Felice Varini a bâti, avec l’aide d’un architecte, un véritable labyrinthe dans le vaste espace en L de l’île de Nantes, surmonté de terrasses, troué de passages et de dédales. Le corps dansant du spectateur est amené à se mouvoir, l’œil comme organe à l’affut du saisissement de la forme parfaite : un œil réduit à sa fonction photographique, à la recherche d’un temps et d’un lieu décisifs. Si la perception de l’œuvre est éphémère, la place du spectateur est, elle, définie en creux de manière permanente, et sa présence toujours suggérée, fantomatique, nécessaire.

FELICE VARINI

28/06/2013 > 01/09/2013

le Hangar à Bananes - HAB Galerie

NANTES

Explorer le travail de cet artiste magicien à travers une grande exposition à caractère rétrospectif est une gageure. Felice Varini dév...

Exposition terminée
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