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Mort de Walter De Maria : coup de tonnerre sur le Land Art

Stéphanie Broisat 29 juillet 2013

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L’une des figures majeures du Land Art s’en est allée. Walter De Maria, célèbre artiste américain, s’est éteint le 25 juillet dernier à l’âge de 77 ans. Retour sur un artiste prolifique et multifacette.

Walter De Maria, The Lightning Field, 1977, désert du Nouveau-Mexique.

De l’artiste Walter De Maria, on ne connait souvent que ses œuvres les plus célèbres. L’emblématique The Lightning Field en est la preuve. Cette structure, achevée en 1977 dans le désert du Nouveau-Mexique, comptabilise pas moins de 400 poteaux de plus de cinq mètres de haut dans un rectangle d’un kilomètre. Son but ? Capter la foudre dans un lieu où les éclairs sont plus concentrés qu’ailleurs. Une œuvre de l’attente et de la patience, thématiques chères à cet illustre artiste discret.

Né en 1935 à Albany en Californie, c’est à New York que ce déroule principalement sa carrière. Après avoir reçu un MFA en peinture à Berkeley, il s’engage avec son ami le compositeur La Monte Young dans la musique et dans des performances théâtrales à San Francisco, avant de rejoindre New York. Théoricien de l’art, il publie à l’occasion ses textes dans An Anthology of Chance operations, Concept Art, Anti-Art, Meaningless Work ou encore Artforum.

La carrière de Walter De Maria prend un tournant décisif avec ses premières sculptures, des boîtes en contreplaqué. Après une première exposition au Primary Structures en 1966 (qui voit consécration de l’art minimal), il se lance dans la réalisation d’objets en acier et en aluminium : une théâtralité s’opère dès lors dans les œuvres de De Maria, et fait très vite du danger un concept, avec Beds of Spikes, plaques sur lesquelles sont posées des pointes, ou Earth Room, engloutissement sous terre des trois pièces de la galerie Heiner Friedrich de Munich. Il déclare d’ailleurs à ce sujet : « J’aime les catastrophes naturelles et je pense qu’elles sont peut être la plus haute forme d’art dont nous puissions faire l’expérience ».

Walter De Maria, Bed of Spikes, 1969 © Dwan Gallery Archives.

Dès 1968, l’artiste s’éloigne peu à peu de la ville afin de parcourir le désert en compagnie de son ami Michael Heizer. Il y donne naissance à de nombreux travaux, dont One Mile Long Drawing ou Double Parallel Lines dans le désert des Mojaves : des œuvres de terrassement pensées pour être photographiées par satellite, seul moyen d’appréhender la globalité du travail. Une démarche novatrice, où la nature devient une véritable pièce maitresse, active dans le processus de création. Des œuvres gigantesques, où la valeur marchande est abandonnée au profit d’une expérience liée au monde réel, loin des musées et des galeries. Une révolution artistique, en somme, mais sur laquelle Walter De Maria restera toujours silencieux, se refusant à une quelconque interprétation de son travail. Homme secret et distant, il préfère travailler loin des institutions culturelles.

Mais Walter De Maria est aussi un touche-à-tout, qui s’essaie à la musique, comme en témoigne sa présence comme batteur dans le groupe The Primitives (une version antérieure du Velvet Underground avec Lou Reed et John Cale). Il prend également place derrière la caméra, avec la réalisation en 1969 de deux films, Two Lines and Three Circles et Hard Core, ainsi que deux pièces musicales, Cricket Music et Ocean Music. Une personnalité éclectique en résonance parfaite avec son époque, le monde culturel des années 1960, à la fois novateur et pluridisciplinaire.

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