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Nouvelles Vagues : œuvres perdues en pleine mer

Stéphanie Broisat 26 juillet 2013

On ne présente plus le Palais de Tokyo, lieu parisien toujours à l’affût d’un regard neuf sur les pratiques artistiques d’aujourd’hui. Dans sa course folle, une trentaine de galeries l’accompagnent actuellement pour Nouvelles Vagues, événement qui s’évertue à rendre manifeste l’émergence de la figure du curateur, à travers pas moins de 23 expositions, et qui soulève bon nombre d’interrogations.

Vue de l'exposition La Méthode Jacobson au Palais de Tokyo, dans le cadre de Nouvelles Vagues.

De prime abord, il est assez surprenant de voir un rendez-vous artistique se focaliser sur une personnalité autre qu’un artiste. Le curateur, ce personnage qui n’appartient qu’au champ de l’art contemporain, est un travailleur indépendant, ni galeriste, ni conservateur, échappant aux règles académiques et à un marché de l’art souvent trop étriqué. Il est un animal libre, en somme, voguant sur les mers de la créativité. Au-delà du simple découvreur de talent, c'est un faiseur d’art, habillant l’espace avec les œuvres de ses jeunes poulains. Censé être toujours à l’affut des tendances qui sortent des sentiers battus, il est un franc-tireur, un nomade, cherchant sans cesse à rassembler autour d’une vision audacieuse de l’art et d’échapper à ses carcans. La définition semble séduisante dans une sphère artistique de plus en plus régie par les codes et on peut, vu de loin, saluer l’effort. Ne pas chercher à un être un énième théoricien mais plutôt l’homme de l’ombre de ses artistes, heureux d’inventer et d’expérimenter en leur compagnie, cela semble être une démarche plus qu’intéressante.

Nouvelles Vagues, en ce sens, a pour vocation de montrer ce qu’est l’art d’aujourd’hui et de demain, au travers d’un savoir-faire d’un autre genre. Des œuvres disséminées de ci de là, comme dans l'expo Le Principe Galapagos au sens quelque peu flou, avec, comme œuvre marquante, ce radiateur au fond d’une pièce, laissant le visiteur quelque peu perplexe. Peu de remous dans cette mer très calme, contrairement à notre époque en crise et à l’avenir incertain, nous faisant regretter le peu de regard que portent ces artistes sur le monde qui les entoure.

Henrique Oliveira, Baitagogo, Palais de Tokyo, Paris. Photo © André Morin.

Même si quelques moments de grâce arrivent à surnager (Le Club des sous l’eau tout particulièrement et Champs-Elysées), une saturation visuelle se fait très vite sentir, donnant la désagréable sensation de tourner en rond. Les thématiques abordées, comme la nostalgie, la fragilité de la société ou la surconsommation des images, peinent à s’imbriquer pour former une identité forte. De plus le manque de cohésion entre les différents choix d’exposition et la multitude de sujets abordée rajoute à cet effet raz-de-marée.

La véritable pièce maîtresse de Nouvelles Vagues restera sans doute cet arbre d’Henriqe Oliveira, sculpture aussi envahissante que surprenante, posant le problème de la construction anarchique et parasitaire à Sao Paulo. Une construction, qui, malgré elle, rappelle le sentiment envahissant de cette saison au Palais de Tokyo, où le visiteur ne sait où donner de la tête.

NOUVELLES VAGUES

21/06/2013 > 08/09/2013

Palais de Tokyo

PARIS

Le Palais de Tokyo dédié à l’émergence des formes les plus nouvelles de l’art contemporain considère qu’il fait partie de ses mis...

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