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Un pour tous, tous pour Topor

Magali Lesauvage 25 juillet 2013

Sans tambour, ni trompette, l'exposition estivale du Lieu unique, à Nantes, réjouit par la joyeuse rêverie des propositions artistiques rassemblées autour de la figure tutélaire de Roland Topor. Visite à demi éveillé.

Vue de l'exposition Sans tambour, ni trompette au Lieu unique, Nantes, 2013 © Martin Argyroglo.

Il y a des expositions que l'on ne voudrait pas quitter, où l'on souhaiterait revenir chaque jour tant elles nous mettent de bonne humeur, en admirer chaque œuvre sous tous les angles. Sans tambour, ni trompette réunit sept artistes, que lie une certaine idée de la marge, de l'excès et des jeux de sens, tous caractères que l'on pourrait attribuer à l'artiste dont ils se réclament plus ou moins explicitement, Roland Topor.

L'écrivain, dessinateur, acteur, metteur en scène, chansonnier, cinéaste, etc. est une référence récurrente chez les artistes, mais sa personnalité pluridisciplinaire reste finalement mal connue, car difficilement cernable. Collaborateur de la revue Hara-Kiri, cofondateur de l'« anti-mouvement » Panique, Topor, disparu en 1997, a eu plusieurs vies en une, travaillant avec Roman Polanski, Fellini, Jean-Michel Ribes ou Jérôme Savary. Il a fait pénétrer la culture à la télévision, en participant à la création des émissions Téléchat et Palace, mais a aussi livré une œuvre dessinée foisonnante, mêlant absurde et réalité crue, dans laquelle, comme il l'écrivit lui-même dans Pense-bêtes, il voulut « illustrer sans complexe le sang, la merde et le sexe ».

Roland Topor, Sans titre (une des neuf Grâces).

Une liberté de ton devenue assez rare chez les artistes actuels, empreints souvent d'un grand sérieux. L'hommage que le Lieu unique rend à Roland Topor n'est pas une rétrospective fastidieuse et fossilisante, mais une invocation de son esprit rabelaisien, un appel d'air lancé à des artistes plus jeunes, une réunion paillarde « sans tambour, ni trompette ». Le Général, théière-crâne d'Erik Dietman, artiste suédois décédé en 2002, annonce d'entrée de jeu l'ambiance, auquel répondent les doigts de la victoire (ou de la paix) de Didier Trenet et le lot de cercueils-poupées russes de l'artiste belge Michael Dans : ici, on peut rire de la mort, de la sienne et de celle des autres, mais on le fait toujours en beauté.

Plus loin, les dessins hybrides de Benjamin Monti ravissent par leur surréalisme à la Max Ernst, d'autant plus savoureux qu'il est inclus dans un environnement orthonormé où se télescopent les contraintes et la liberté de l'enfance. Dans le même registre, les Rêves de Daniel Nadaud sont des « journaux de voyage intérieur », tandis que Didier Trenet met sa science du dessin, héritée de la manière classique, au service de visions à la fois comiques et sublimes. Entre les uns et les autres, les dessins de Topor trouvent une place toute naturelle, évidente.

On se réjouit de retrouver le trait clair de Petra Mrzyk et Jean-François Moriceau, et la poésie de leurs grands dessins que l'on pourrait croire extraits de peintures de mythologie fantastique, comme ce superbe portrait de loup debout, portant un cerf. Traçant des lignes entre mystère et familier, Mrzyk et Moriceau invitent le spectateur à entrer littéralement dans l'expo, via une ouverture aménagée dans une cimaise. Laquelle nous emporte vers un inconnu en lequel nous avons entière confiance.

SANS TAMBOUR, NI TROMPETTE

30/05/2013 > 11/08/2013

Le Lieu unique

NANTES

Sensible à la bêtise, figure de l’excès et de la jouissance, personnage subversif et provocateur, Topor se moque du genre humain comme ...

exposition terminée
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