Votre action a été enregistrée avec succès !



LA NEWSLETTER

Deux curieux tableaux entrent au musée d’Orsay

Stéphanie Broisat 17 juillet 2013

Share on FacebookTweet about this on TwitterGoogle+

Acquis récemment auprès de la galerie Vincent Lécuyer, deux tableaux d’un genre particulier orneront dorénavant les murs du musée d’Orsay. Ces œuvres, exécutées à la fin du XIXe siècle, ont déjà fait parler d’elles cette année à la BRAFA, foire de Bruxelles. Présentation.

Henri-Camille Danger (1857-1939), Fléau !, 1901, Paris, Musée d’Orsay.

Un géant nu, armé d’une massue ensanglantée, avance d’un pas lourd parmi des cadavres jonchant le sol. Ce Hulk datant de 1901 est une allégorie de la guerre, emportant tout sur son passage. Tableau d’une étonnante composition et à l’atmosphère quelque peu kitsch, Fléau ! est l’œuvre d’un dénommé Henri-Camille Danger. Élève de Jean-Léon Gérôme, il obtint en 1887 le Prix de Rome pour son œuvre Thémistocle buvant le poison.

Henri-Paul Motte (1846-1922), La fiancée de Bélus, 1885, Paris, Musée d’Orsay.

Le deuxième tableau est quant à lui dû à Henri-Paul Motte, plus jeune d’une dizaine d’années, et qui eut également comme professeur Gérôme. Tout aussi intriguant, on peut y apercevoir une jeune vierge donnée en offrande à Bélus (ou Bel), dieu babylonien : l’histoire raconte qu’après un concours de beauté, une jeune fille était désignée et devait rester pendant une journée sur les genoux du Dieu. Le tableau date de 1885.

Visuellement proches de l’art cinématographique, ces deux tableaux posent la question de la multiplication des peintures de ce genre à la fin du XIXe siècle. La peinture d’histoire n’étant plus très à la mode, une surenchère s’opérait dès lors sur les artistes de ce genre, repoussant parfois les limites de l’extravagance. Malgré des influences académiques, on peut se demander si ces représentations trouvent leur place dans un musée tel qu’Orsay, compte tenu du peu de notoriété historique qu’elles possèdent. Sans doute devons-nous ce choix aux goûts de son directeur, Guy Cogeval, spécialiste d’Édouard Vuillard et du symbolisme, mais aussi de Gérôme et de la peinture néo-classique.

LES DERNIERS ARTICLES

AJOUTER UN COMMENTAIRE