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« Assassin’s Creed » : après le jeu vidéo, la peinture

Magali Lesauvage 16 juillet 2013

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Tandis que la quiétude règne dans les couloirs de l’École des Beaux-Arts de Paris, cinq artistes travaillent d’arrache-pied à peindre une bataille navale d’une dizaine de mètres carrés, inspirée du jeu vidéo Assassin’s Creed. Visite d’atelier.

Amateurs de jeux vidéo et de peinture ne se rencontrent que rarement, pensez-vous ? Les créateurs de jeux s’inspirent pourtant de plus en plus de l’art, et ont recours aussi bien à l’expertise des historiens ou des sociologues qu’à celle des artistes pour enrichir leurs scénarios, décors et références. Créer un monde virtuel tout en le faisant adhérer à un univers imaginaire plausible, ou à une réalité historique dûment respectée, telle est la gageure à relever.

Le jeu Assassin’s Creed en est à sa quatrième version : développé par Ubisoft, la première livraison de ce jeu d’aventure emmenait les participants sur les pas d’un personnage, Desmond Miles, revivant grâce à l’Animus, une machine à lire la mémoire génétique, l’existence de son ancêtre Altaïr, tueur professionnel vivant au temps des Croisades. La suite de la série nous fait revivre la Renaissance italienne, la Révolution américaine ou encore la Première Guerre mondiale. La sortie du prochaine épisode, intitulé Assassin’s Creed IV: Black Flag, est prévue pour le 31 octobre 2013, et a pour cadre les Caraïbes du XVIIIe siècle, âge d’or de la piraterie, où se poursuivent les aventures du personnage Edward Kenway.

Juillet 2013, École nationale supérieure des Beaux-Arts de Paris : dans un atelier couvert de dessins préparatoires et d’esquisses peintes, cinq jeunes gens s’activent sur une grande toile rectangulaire de plus de quatre mètres sur deux, sous le regard bienveillant du professeur Philippe Bennequin. Les trois étudiants et deux anciens diplômés travaillent tout l’été sur une vaste composition, inspirée librement de diverses marines célèbres de l’histoire de l’art, et notamment de La Défaite de l’invincible Armada (1796) du peintre franco-britannique Philippe-Jacques de Loutherbourg. L’œuvre est une commande d’Ubisoft et de l’agence de communication digitale Sid Lee, en charge de la production : véritable étendard d’Assassin’s Creed: Black Flag, elle sera exposée au musée de la Marine du 6 novembre au 2 décembre, puis dans divers musées d’Europe.

Combinant réel et virtuel, la toile inclut les portraits d’internautes fans du jeu, envoyés via ce site, et immortalisés par les artistes en pirates sanguinaires, marins valeureux ou figures de proue échevelées. Au total, 200 personnages apparaissent dans la fresque : un exercice pratique hors du commun pour les cinq artistes réunis pour deux mois et demi dans l’école, une occasion rare de mettre en pratique les techniques apprises et, comme nous confie l’un deux, d’« apprendre chaque jour », tout en retrouvant l’émulation des grands ateliers d’artistes telle qu’elle subsista jusqu’au XIXe siècle. Livraison prévue pour le mois de septembre.

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