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Gleizes et Metzinger, binôme cubiste

Magali Lesauvage 10 juillet 2013

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Après L’Adresse – musée de la Poste, à Paris, c’est au tour du musée de Lodève, dans l’Hérault, d’accueillir dans une version augmentée par des prêts exceptionnels de collections privées l’exposition qui confronte deux grands peintres cubistes : Albert Gleizes et Jean Metzinger. Récit d’une aventure moderne en peinture.

Albert Gleizes, Perspective (Port), 1917, Madrid, musée Thyssen-Bornemisza © ADAGP Paris 2013.

Quand on évoque le cubisme, on pense immédiatement au duo Georges Braque/Pablo Picasso. Mais il en est un autre dans l’histoire de la peinture qui a largement contribué à diffuser le mouvement en France et à l’étranger. Albert Gleizes, né en 1881 à Paris, et Jean Metzinger, né à Nantes deux ans plus tard, n’étaient pourtant pas destinés à s’entendre : le premier est autodidacte, le second a fait les Beaux-Arts, et fréquente très tôt Braque et Picasso (mais aussi Dufy, Delaunay, Apollinaire, Derain…). Ils vont pourtant, ensemble, théoriser un courant pictural qui était parti d’une intuition, celle de Cézanne et de la synthèse des formes de la nature en cubes et en sphères. De cette ébullition intellectuelle naîtra, en 1912, l’un des ouvrages fondamentaux de l’histoire de l’art du XXe siècle, Du Cubisme – dont l’exposition fête le centenaire.

Si Gleizes et Metzinger sont des artistes moins connus du grand public, c’est peut-être parce que leur art conserve une intellectualité dont Braque et Picasso, couple solaire et tumultueux, se sont rapidement départis au profit d’une plus grande sensualité. Les premiers fonctionnent selon une certaine logique, les seconds à l’instinct. Ainsi Gleizes et Metzinger écrivent-ils dans Du Cubisme : « Le fait de se mouvoir autour d’un objet pour en saisir plusieurs apparences successives qui, fondues en une seule image, le reconstituent dans la durée, n’indignera plus les raisonneurs ».

 Section d’or

Jean Metzinger, Paysage à la fenêtre ouverte, 1915, Musée des Beaux-Arts de Nantes © RMN/Gérard Blot, ADAGP Paris 2013.

« Raison », le mot est lancé : après des débuts impressionnistes, Metzinger et Gleizes font partie de la Section d’or, ce groupe d’artistes réunis à Puteaux autour des frères Duchamp, qui compte notamment Herbin, Kupka, Léger, Archipenko, et qui comme son nom l’indique, place les principes géométriques au cœur de leur méthode. Une certaine austérité les caractérise. Metzinger se passionne pour les mathématiques, Gleizes part à New York en 1914, et découvre la monumentalité abstraite des skyscrapers. Le groupe de Puteaux tente ainsi l’aventure cubiste collective, tandis que les aînés Braque et Picasso poursuivent leurs recherches chacun de leur côté. On assiste à un véritable phénomène générationnel chez les jeunes artistes européens : ainsi, l’exposition de la Section d’or de 1912, à la galerie La Boétie, à Paris, est-elle considérée par Gleizes comme « l’exposition d’une génération ».

Après la guerre – Gleizes rentre des Etats-Unis en 1919 –, les deux artistes prennent des voies différentes. Gleizes déploie sa peinture en larges aplats colorés, jusqu’à parvenir au début des années 1940 à l’abstraction de ses Supports de contemplation, peint de grandes décorations avec Delaunay et Léger, et se joint au groupe Abstraction-Création. Metzinger accomplit au contraire un retour vers la figuration, tout en continuant à expérimenter la fragmentation de l’espace issue du cubisme synthétique, jusqu’à revenir à la fin de sa vie au cubisme des années 1910 – à tel point qu’il est parfois difficile de dater ses œuvres. Gleizes poursuit ses réflexions philosophiques et publie de nombreux essais, Metzinger consacre ses écrits à la poésie – forme d’expression à laquelle est consacré justement le Festival de poésie de Lodève. Ils meurent à trois ans d’écart, en 1953 et 1956, Gleizes converti au catholicisme, Metzinger enseignant l’art, chacun poursuivant à sa manière une réflexion entamée collectivement.

GLEIZES - METZINGER

22/06/2013 > 03/11/2013

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