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Les dessinateurs de l’Egypte ancienne à l’honneur au Louvre

Stéphanie Broisat 9 juillet 2013

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Le thème du dessin, tel qu’on peut l’observer dans l’art égyptien au temps des pharaons, n’a jamais fait l’objet d’une exposition. Avec L’Art du contour, pour la première fois, le musée du Louvre s’empare d’une thématique complexe qui refonde la notion d’art telle que nous la connaissons et invite à porter un regard neuf sur la création dans l’Egypte ancienne.

Livre des morts de Néferoubenef (14) le champ des roseaux. E 3092, département des Antiquités égyptiennes, musée du Louvre, Paris © Musée du Louvre, dist. RMN-GP/Georges Poncet.

Giorgio Vasari, artiste de la Renaissance, considérait le dessin comme le « père de nos trois arts, l’architecture, la sculpture et la peinture ». Cette définition illustre parfaitement les témoignages archéologiques de la période pharaonique, souvent mal comprise, et redonne ses lettres de noblesses à cette pratique, socle de l’art en Egypte, et composante essentielle de cette époque à la fois riche et mystérieuse.

Il est curieux qu’aucune exposition ne se soit encore penchée sur un thème aussi prépondérant que le dessin dans la culture égyptienne. Cela s’explique sans doute par la difficulté d’attribuer à une main reconnue cette production faite de papyrus, d’ostracas, de stèles et de bas-reliefs, rendant sa lecture souvent trompeuse pour nous, occidentaux aux codes artistiques diamétralement opposés. Il est d’ailleurs amusant de noter l’absence de terme dans la langue égyptienne désignant l’art – le plus proche évoquant plutôt la notion d’artisanat.

Ainsi L’Art du contour est surtout l’occasion de mener une réflexion sur le concept même d’art à l’époque pharaonique, et de rappeler la pratique des scribes, ces anonymes supposés être les dépositaires de la mémoire écrite et sacrée de leurs coutumes. Comme l’indique Guillemette Andreu-Lanoë, directrice du département des Antiquités égyptiennes, il s’agit de donner à voir et d’expliquer comment les grilles de lecture des historiens de l’art occidental peuvent contribuer à analyser le dessin égyptien, à lui rendre sa place dans l’histoire de l’art universel, tout en respectant et en rappelant bien évidemment la nature complexe de la création égyptienne et les spécificités qui ont engendré ces œuvres.

Un monde réglé, graphique et régulier

Témoin d’un savoir-faire, l’exposition présentée au Louvre s’attache à remettre en perspective les différentes étapes de création des objets présentés. Ici, le dessin n’est pas qu’une œuvre à part entière mais il est aussi l’étape préalable de l’exécution d’une production à réaliser dans une autre technique. Les esquisses rendent compte de l’extraordinaire régularité du trait dont les Egyptiens avaient le secret, et offrent un décryptage fondamental de leurs pratiques et de leurs caractéristiques esthétiques, comme l’absence de perspective, ou encore les carreaux tracés au rouge, qui devaient assurer à la composition un caractère orthogonal et stable. Notons l’importance du dessin/modèle tracé pour aider le travail du sculpteur, remarquablement exposé sur le Fragments de papyrus avec esquisses préparatoires pour un sphinx, chaque détail étant destiné à aider le sculpteur chargé de reproduire ce modèle en trois dimensions dans une pierre de taille.

Ce quadrillage préalable, répondant au besoin de représentation d’un monde réglé, graphique et régulier, n’était cependant pas employé dans bon nombre de créations. On a également découvert des dessins originaux et une liberté de ton peu commune dans une société souvent vue comme rigide et peu encline au changement. Les codes formels et stricts sont alors abandonnés au profit d’entorses aux conventions, comme la représentation de sujets en frontalité, ou même d’hommes difformes ou âgés, hirsutes ou mal rasés, dans un souci de réalisme face à un imaginaire peuplé de dieux et de créatures hybrides. Sans les découvertes archéologiques faites à Deir el Medina et dans la Vallée des Rois, cette approche de la production égyptienne aurait sans doute échappé aux égyptologues.

L’ART DU CONTOUR

19/04/2013 > 22/07/2013

Musée du Louvre

PARIS

L’exposition montrera l’omniprésence du « dessin » dans l’art et l’écriture des Egyptiens, en mettant en évidence les liens et ...

Exposition terminée
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