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Une nouvelle sculpture attribuée à Michel-Ange

Magali Lesauvage 1 juillet 2013

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Chaque semaine (ou presque) semble apporter son lot de découvertes d’œuvres de Michel-Ange, l’un des plus grands artistes de la Renaissance dont on croyait tout connaître. Après un Christ sculpté offert au musée du Louvre, et des esquisses murales dans une basilique florentine (en réalité connues depuis près de quarante ans), c’est une statue de saint Jean-Baptiste, reconstituée à partir de quatorze fragments épars, qui est donnée en pâture aux experts de l’artiste.

Attribué à Michel-Ange, San Giovannino,  marbre, 1495-1496 © Florence, Opificio delle Pietre Dure.

Quatorze fragments, vingt ans de restauration

L’objet, qui mesure environ un mètre, provient d’une église espagnole. Conservé à l’Opificio delle Pietre Dure (Office de la Pierre dure), institut de recherche et de restauration de Florence, il ravive les questionnements qui agitent la communauté d’historiens de la Renaissance depuis les années 1930. Abritée pendant quatre siècles dans la Sacra Capilla del Salvador de la ville d’Úbeda, en Andalousie, la statue est réduite en morceaux en 1936 lors d’un bombardement par les Républicains espagnols, et sa tête sert de ballon de football aux militaires.

L’œuvre n’arrive à Florence qu’en 1994. Sa restauration aura duré quasiment vingt ans, et nécessité la reconstitution d’environ 60 % de son volume, grâce notamment à la découverte de photographies anciennes et à la modélisation par ordinateur. Les éléments modélisés ont été réalisés en nylon et fibre de verre, et joints par des aimants afin d’être plus facilement enlevés si des morceaux d’origine réapparaissaient. Aussi les parties restaurées sont-elles clairement visibles, comme le veux la politique actuelle de restauration (lire notre entretien avec Béatrice Sarrazin au sujet de la restauration des peintures de Léonard de Vinci).

Une attribution contestée

La première attribution à Michel-Ange date de 1930 : on pense alors qu’il s’agit d’un San Giovannino (Saint Jean-Baptiste enfant) sculpté en 1495-1496 à Florence par le tout jeune artiste. Mais Roberto Longhi, le grand spécialiste de la Renaissance, dément cette attribution en 1958, évoquant une piètre qualité d’exécution. Depuis sa restauration par l’Opificio delle Pietre Dure, l’œuvre a de nouveau été attribuée à Michel-Ange, grâce notamment aux recherches de Francesco Caglioti, professeur d’histoire de l’art de l’université de Naples Federico II. Le principal argument de celui-ci est la similitude stylistique du San Giovannino avec d’autres pièces de Michel-Ange, notamment le Bacchus du musée du Bargello, daté des années 1490, et la Madone de Manchester, toile inachevée conservée à la National Gallery de Londres.

Selon Francesco Caglioti, la statue aurait été réalisée pour Lorenzo di Pierfrancesco de Médicis, cousin de Laurent le Magnifique, connu notamment comme protecteur et mécène de Botticelli, qui peignit pour son mariage le fameux Printemps. Elle passe ensuite dans l’héritage de Cosme Ier de Médicis, grand-duc de Toscane, qui, d’après une lettre retrouvée par l’historien de l’art, fait envoyer la sculpture au secrétaire (espagnol) de l’empereur Charles V, un certain Francisco de los Cobos y Molina, enterré dans la chapelle d’Úbeda.

Selon le New York Timescertains spécialistes, comme Carmen Bambach, conservatrice au Metropolitan Museum de New York, sont convaincus de l’attribution à Michel-Ange, tandis que d’autres ont encore des doutes. C’est le cas de Frank Zöllner, auteur du catalogue raisonné de l’artiste, qui questionne des éléments stylistiques : forme plate des yeux et de la bouche, ongles des mains et des pieds mal rendus. Il s’étonne également du fait que le nom de Michel-Ange, sculpteur le plus célèbre de son époque, ne soit pas mentionné dans les documents. L’œuvre retrouvera la chapelle d’Úbeda d’ici la fin de l’année, où elle devrait attirer de nombreux touristes, espère-t-on là-bas.

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