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À New York, l’artiste Imram Qureshi ensanglante le toit du Met

Maxence Quillon 19 juin 2013

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Jusqu’au 3 novembre 2013, Imram Qureshi expose une œuvre singulière dans le cadre de The Roof Garden commission, sur la terrasse du Metropolitan Museum de New York.

L’œuvre d’Imram Qureshi, sur le toit du Met à New York © DR.

L’artiste pakistanais Imram Qureshi, né en 1972, a réalisé une œuvre picturale étonnante sur le toit bétonné du Met, à Manhattan. Sur cette terrasse de plus de 700 mètres carrés, il a projeté une peinture rouge sang dont il fait une sorte de sculpture à même le sol, où se distinguent de grandes fleurs vermeilles. Cette œuvre, située parmi le verdoyant feuillage de Central Park où le musée s’élève, est conçue par l’artiste comme une « réponse émotionnelle faite à la violence qui sévit, ces dernières décennies, à travers le monde », a-t-il déclaré.

Imram Qureshi est le premier à réaliser une œuvre directement peinte sur le toit du Met et sur laquelle les visiteurs sont invités à marcher. L’artiste pakistanais est connu pour son esthétique qui combine les techniques décoratives de l’art islamique avec des concepts modernes. Il évoque des thèmes contemporains avec des motifs et techniques issus de la peinture traditionnelle de miniature, courante dans le sous-continent indien à la fin du XVIe siècle.

« Le dialogue entre la vie et la mort est un élément important de mon travail, confie Imram Qureshi. Les feuilles et la nature, par exemple, symbolisent la vie. Et la couleur particulière du rouge, que j’ai utilisée au cours des dernières années, peut réellement faire penser à du sang. Le rouge me rappelle la situation présente de mon pays, le Pakistan, et du monde qui nous entoure, où la violence est presque une réalité quotidienne. (…) Les fleurs qui semblent, dans mon œuvre, émerger de la peinture rouge, représentent l’espoir que les gens, envers et contre tout, gardent toujours ».

Le choix d’un artiste pakistanais pour exprimer, non loin de Ground Zero, une certaine idée de la paix, n’est sans doute pas anodin (on garde à l’esprit que c’est au Pakistan que les forces américaines ont tué le responsable des attentats du 11 septembre 2001).

Seulement, un article du New York Times relève une anecdote qui laisse penser que l’œuvre n’est pas forcément « adaptée au contexte social et culturel complexe des Etats-Unis, qui n’a rien à voir avec le Moyen-Orient et le Pakistan ». La population américaine est en effet moins sensible à la question des attentats qu’elle connaît moins ; et le journaliste raconte qu’un visiteur, sur la terrasse du Met, s’est étendu, face contre terre, sur la peinture écarlate pour faire croire qu’il était victime d’un attentat. Autour de lui, « sa femme et plusieurs enfants riaient et prenaient des photos ». Et l’article de rappeler qu’une œuvre similaire de Imram Qureshi, réalisée aux Emirats Arabes unis en 2011, avaient, elle, fait pleurer certains visiteurs.

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