Votre action a été enregistrée avec succès !



LA NEWSLETTER

Landru, qui es-tu ?

Magali Lesauvage 18 juin 2013

Share on FacebookTweet about this on TwitterGoogle+

L’exposition Landru – 6h10 – Temps clair (les pièces du dossier) du musée des Lettres et Manuscrits révèle les archives du travail d’investigation de la police, mené suite à la série de crimes et escroqueries perpétrés par le célèbre Henri Désiré Landru. Interrogatoire imaginaire d’un serial killer de la Belle Epoque.

Photographie de Landru, 1909, collection privée.

Quelle a été votre enfance ?

Je viens d’une famille modeste. Je suis né en 1869 dans le quartier de Belleville, à Paris. Ma mère était couturière, mon père chauffeur. Il s’est suicidé en 1912, au bois de Boulogne. Mon enfance a été relativement heureuse, j’ai été enfant de chœur à l’église Saint-Louis-en-l’île. Je voulais être architecte, mais j’ai raté mes études, je n’ai été que commis d’architecte.

Situation familiale ?

J’ai épousé ma cousine Marie-Catherine, qui travaillait chez ma mère comme blanchisseuse. J’avais 24 ans. Nous avons eu quatre enfants : Marie-Henriette (que j’ai reconnue, mais qui est née avant notre mariage), Maurice, Suzanne et Charles. Je suis parti de chez moi assez tôt, mais j’ai continué à voir ma femme et mes enfants, et à leur donner de l’argent. Ils me croyaient brocanteur.

Quelle est votre profession ?

J’ai exercé une douzaine de métiers différents : plombier, cartographe, couvreur, comptable et j’ai même fabriqué des bicyclettes à pétrole ! Hormis cela, mon vrai métier, c’est escroc…

Quand avez-vous commencer à escroquer des particuliers ?

Pour ma bicyclette, j’ai reçu beaucoup de commandes, que je n’ai jamais honorées, tout en empochant l’argent. J’ai continué, j’ai fait de la prison, mais ça ne s’est jamais vraiment arrêté. En 1909, je me suis fiancé avec une jeune femme, Jeanne Izoret, à laquelle j’ai volé de l’argent avant de disparaître. Ça m’a valu trois ans de prison ferme. Mais quand je suis sorti, j’ai recommencé. En 1914, j’ai acheté un garage, que j’ai revendu tout de suite sans payer le premier propriétaire. Là on a voulu m’envoyer au bagne, à Cayenne. Mais il était hors de question que j’aille mourir en Guyane, j’ai pris la fuite.

Quel est votre mode opératoire ?

Je change d’identité (j’ai eu environ 90 pseudonymes) et me fais passer pour un veuf. Mon plan, c’est de séduire des femmes seules, de les inviter dans une villa que je loue en région parisienne (à Chantilly, Vernouillet, puis Gambais). C’est la guerre, beaucoup de femmes se retrouvent seules, sans argent. La première victime fut Jeanne Cuchet, une veuve que j’ai rencontrée au jardin du Luxembourg, et son fils André. J’aborde des jeunes femmes relativement isolées, soit directement, soit par annonce matrimoniale. Je leur fais croire que je vais gérer leurs biens, et leur fais signer des procurations. Je me sers dans leur compte en banque, leur mobilier, etc., et puis je les fais disparaître. Le plus compliqué étant de se débarrasser du corps. Pour cela, j’utilise le plus souvent le fourneau de la villa que je loue (ce qui m’a valu d’être repéré par plusieurs voisins, à cause de la présence répétée de fumée, et de l’odeur). En tout, la police a découvert plus de 4 kilos d’ossements et de dents dans les divers lieux de crime… Mais je ne les ai pas toutes tuées : j’en ai approché près de 300, et tué onze.

Comment vous êtes-vous fait prendre ?

Fin 1918, le maire de la commune de Gambais a reçu deux lettres de provenance différente, s’interrogeant sur la disparition de deux jeunes femmes hébergées par un homme inconnu. Une plainte contre X a été déposée, et l’inspecteur Belin a débuté sa longue enquête, la première du genre ! Un an plus tard, je suis reconnu par une voisine, et la police vient me cueillir à 6h du matin à mon domicile, 12 rue de Rochechouart, à Paris. Ensuite il y a eu deux ans et demi d’instruction, mon procès s’est ouvert en novembre 1921, et a attiré le tout-Paris – Colette, Mistinguett, Raimu, Sacha Guitry… J’aimais faire rire l’assistance avec des réparties du genre : « Si les femmes que j’ai connues ont quelque chose à me reprocher, elles n’ont qu’à déposer plainte !  ». Ce fut un vrai spectacle ! Mais malgré le talent de mon avocat Moro Giafferi, je suis condamné à la guillotine, et exécuté le 22 février 1922 devant la prison de Versailles. Les membres de ma famille ont changé de nom, et la femme que j’aimais, la chanteuse Fernande Segret, s’est jetée dans les douves du château de Flers quarante ans plus tard.

LANDRU - 6H10 - TEMPS CLAIR

23/05/2013 > 15/09/2013

Musée des lettres et manuscrits

PARIS

En un siècle, l'un des premiers tueurs en série français identifiés, Henri Désiré Landru, n’a rien perdu de sa notoriété et de so...

Exposition terminée
PRESSE
MEMBRES

LES DERNIERS ARTICLES

AJOUTER UN COMMENTAIRE