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L’artiste palestinienne Ahlam Shibli crée la polémique au Jeu de Paume

Maxence Quillon 14 juin 2013

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Foyer Fantôme, l’exposition de la photographe palestinienne Ahlam Shibli au Jeu de Paume, fait polémique – en particulier la série de photographies intitulée Death, qui présente les combattants palestiniens comme des martyrs. Le CRIF y voit une « apologie du terrorisme », le Jeu de Paume réfute l’accusation, le ministère de la Culture s’en désolidarise et demande de clarifier le propos.

Ahlam Shibli, Sans titre (Death n° 33), Palestine, 2011-2012. Camp de réfugiés de Balata. Courtesy de l’artiste. Commentaire d’Ahlam Shibli : « Photos du martyr Khalil Marchoud qu’est en train d’épousseter sa sœur dans le séjour de la maison familiale. Sur l’affiche, cadeau des Brigades Abu Ali Mustafa, il est présenté comme le secrétaire général des Brigades des martyrs d’al-Aqsa à Balata ».

Foyer Fantôme est la première rétrospective d’Ahlam Shibli à Paris : elle « réunit six séries photographiques qui condensent les recherches d’Ahlam Shibli autour de la notion de chez-soi. Son œuvre traite de la perte du foyer et du combat contre cette perte, du déracinement et de l’exclusion sociale ».

« Rendre compte du sort des opprimés »

L’exposition rassemble ainsi près de 300 photographies qui montrent la vie de ceux pour qui le pays, la famille, le corps, ne vont pas de soi. Dans la série Trackers (2005), le visiteur contemple le portrait de combattants palestiniens enrôlés dans l’armée israélienne ; la série Dom Dziecka.The house starves when you are away (2008) montre, quant à elle, l’existence des orphelins de Pologne, et Eastern LGBT (2004/2006) suit les homosexuels et travestis de pays musulmans. Dans Trauma (2008-2009), la photographe revient sur les massacres des nazis commis en Corrèze et sur les agissements de l’armée française en Afrique du Nord et en Indochine, après la Libération.

Mais c’est particulièrement la série Death (2011-2012) qui a suscité de vives réactions. Les 68 photographies qui la composent ont été prises en Palestine, notamment dans l’enclave de Naplouse. Elles sont accompagnées de notules, rédigées par l’artiste elle-même. Le terme de « martyr » désigne de façon systématique les combattants morts pour la Palestine dont on voit le visage sur des affiches collées dans les rues ou accrochées sur les murs des maisons familiales. Dans le texte d’introduction de Death, le visiteur peut également lire que « ces représentations font de toute personne ayant perdu la vie par suite de l’occupation israélienne, un martyr ».

Ahlam Shibli, Sans titre (Trackers n° 8), Lakhich Army Base, Beit Gubrin, Israël/Palestine, 2005. Courtesy de l’artiste © Ahlam Shibli.

« L’apologie du terrorisme »

L’exposition et son « esthétique documentaire » se situent ainsi entre art et politique, et « la démarche photographique d’Ahlam Shibli est guidée par des principes qui entendent rendre compte du sort des opprimés », lit-on dans le dossier de presse de l’exposition.

Mais les « principes » de la photographe sont contestés, au nom d’une autre vision de l’Histoire que celle qui sous-tend son travail d’artiste. Les combattants palestiniens sont en effet « des martyrs pour les uns, terroristes pour les autres », rappelle France 24. Le CRIF (Conseil représentatif des Institutions juives de France) s’est indigné dans deux communiqués publiés sur son site, dénonçant une « exposition inacceptable » et un « parti pris » de la part du Jeu de Paume. Le 5 juin dernier, Roger Cukierman, président du CRIF, a écrit à la ministre Aurélie Filippetti qu’il « est particulièrement regrettable et inacceptable qu’en plein Paris, cette série fasse ainsi l’apologie du terrorisme ».

Des appels à manifester et des pétitions circulent sur Internet et, à l’initiative de l’Association France-Israël, une manifestation est prévue le 16 juin prochain devant le Jeu de Paume. Le site Jssnews, webzine d’opinion israélien, invite ses lecteurs à dire leur indignation, devant un centre d’art où « des ordures de la pire espèce sont qualifiés de « martyrs morts en opération » ». En réplique, le site pro-palestinien Europalestine invite ses lecteurs à « se rendre massivement, dès dimanche de préférence, pour voir et juger (…) de l’intérêt de cette réalisation », et déplore que des « voyous officiels et officieux du lobby israélien en France » menacent l’exposition de « destruction ».

Le Jeu de Paume a répondu aux reproches et critiques dans un communiqué où « il réfute fermement les accusations d’apologie du terrorisme ou de complaisance à l’égard de celui-ci ». Il indique par ailleurs qu’il « portera plainte contre toutes les personnes lui adressant des menaces ». Il ne souhaite ni éviter ni aviver la polémique et invite chacun à découvrir « découvrir sereinement » l’exposition.

Mise à jour le 14 juin à 12h30 : dans un communiqué, le ministère de la Culture se désolidarise du Jeu de Paume (« Le ministère de la Culture et de la Communication n’intervient pas dans la programmation des institutions culturelles, dont la responsabilité revient à ses dirigeants ») et exprime avec des pincettes que « l’exposition suscite de nombreuses réactions compréhensibles car certaines des personnes représentées dans la série Death, que l’artiste appelle « martyrs », ont commis des attentats ayant entraîné la mort de civils. Elles appartiennent ou appartenaient à des mouvements dont certains sont placés sur la liste des organisations terroristes par l’Union européenne. L’artiste explique vouloir « montrer » et non « dénoncer » ou « juger » et indique que son travail n’est ni de la propagande ni une apologie du terrorisme mais explore la manière dont des Palestiniens disparus sont représentés dans des espaces publics et privés et retrouvent ainsi une présence dans leur communauté. Cette neutralité revendiquée, peut, en elle-même choquer et donner lieu à de mauvaises interprétations puisqu’elle n’explique pas le contexte des photographies qui n’est pas seulement celui de la perte mais qui est aussi celui du terrorisme. C’est pourquoi, pour éviter toute confusion et toute caricature, le ministère de la Culture et de la Communication a demandé au Jeu de Paume de compléter l’information donnée aux visiteurs pour d’une part clarifier et mieux expliquer le propos de l’artiste et d’autre part distinguer la proposition de l’artiste de ce qu’exprime l’institution ».

 

AHLAM SHIBLI

28/05/2013 > 01/09/2013

Jeu de Paume

PARIS

Le travail d’Ahlam Shibli (née en 1970 en Palestine) s’inscrit dans la continuité des projets qui, au sein de la programmation du Jeu ...

Exposition terminée
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