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Le « pilleur de musées » condamné à trois ans de prison

Maxence Quillon 6 juin 2013

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Lundi dernier, Stéphane Breitwieser a été condamné à trois ans de prison, pour huit nouveaux vols d’œuvres d’art qui viennent s’ajouter à une longue série. Le pilleur de musées avait déjà eu de nombreux démêlés avec la justice et avait reconnu le vol de 245 œuvres, commis dans sept pays.

Stéphane Breitwieser peint par Jean-Paul Matifat © DR.

Ce n’est pas la première fois que Stéphane Breitwieser a affaire avec les tribunaux pour vol d’œuvres d’art : cet Alsacien de 41 ans, petit-neveu du peintre Robert Breitwieser, est connu pour avoir dérobé 245 œuvres d’une valeur dépassant les dix millions d’euros, entre 1995 et 2001. Il a été condamné en Suisse en 2003, puis en France en 2005. En avril 2011, il est placé en détention provisoire après avoir dérobé statuettes et tableaux, exposés chez des galeristes et commissaires-priseurs en France, Belgique et Allemagne. Il est néanmoins relâché en 2012 et mis sous contrôle judiciaire jusqu’à cette audience du 3 juin dernier.

Le parquet de Strasbourg vient donc de mettre un terme à un feuilleton judiciaire en condamnant le « Arsène Lupin des musées », pour vol en état de récidive légale. Sur les huit nouveaux vols dont il est accusé, Stéphane Breitwieser en a reconnu six – notamment le premier qui concerne un vase Gallé, dérobé en 2007 chez un antiquaire de la ville de Benfeld. « C’était un peu comme de la vengeance » a-t-il confié en évoquant sa condamnation de 2005 aux Dernières Nouvelles d’Alsace. Mais il nie les deux derniers vols qui lui sont reprochés : une statuette à Stuttgart et un tableau à Cologne – même si les images de ces deux œuvres ont été trouvées sur son ordinateur.

Certaines pièces ont déjà été retrouvées dans son domicile de Marmoutier (Bas-Rhin). Une toile de l’école de Brueghel a été découverte, roulée dans une plinthe du garage de sa grand-mère, lit-on dans Le Parisien. Ce tableau avait été dérobé en 2009, dans la ville de Namur en Belgique. Stéphane Breitwieser a déclaré qu’il « aurait été fier » de le montrer dès son interpellation de 2011, selon les dires de la vice-procureure Annyvonne Balança. Toutes les œuvres disparues n’ont pas été retrouvées – mais on se souvient que la mère du « pilleur de musées » avait, en 2001, jeté dans le canal Rhin-Rhône des centaines d’œuvres d’art, et détruit au marteau un Cranach et un Bruegel…

Stéphane Breitwieser invoque un « lien affectif » avec les œuvres d’art et affirme agir sous le coup d’une « pulsion » : il volerait pour l’amour de l’art et non pour les gains et profits escomptés. Mais Stéphane Breitwieser est également un stratège qui a organisé son insolvabilité et n’a jamais véritablement remboursé les victimes de ses précédents vols : il a pris garde de ne pas enregistrer, sous son nom, les revenus de son activité de négociant d’art ; et certaines parties civiles n’ont jamais rien touché alors qu’il recevait 73 000 euros pour écrire son livre Confessions d’un voleur d’art, publié en 2006.

Stéphane Breitwieser a été reconnu coupable de vols, recel et organisation frauduleuse d’insolvabilité. Il a été condamné à trois ans de prison ferme avec mandat de dépôt.

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