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Un prix politique, une Française et un artiste sans œuvre récompensés à Venise

Magali Lesauvage 3 juin 2013

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Coups de tonnerre sur la 55e Biennale de Venise, avec un palmarès 2013 qui risque de faire parler longtemps de lui : s’y croisent un artiste sans œuvre, une Française et le pavillon d’un pays dictatorial.

L’artiste Tino Sehgal (dernier rang, veste bleue) et ses performeurs dans les Giardini de la Biennale de Venise, 2013. Photo : Francesco Galli. Courtesy la Biennale di Venezia.

Alors que la manifestation d’art contemporain la plus importante de la planète a ouvert ses portes ce week-end pour cinq mois en une multitude de lieux de la Sérénissime (Arsenale et Giardini, mais aussi églises, centres culturels, palais et galeries), l’annonce de l’attribution du Lion d’or du meilleur pavillon à l’Angola a beaucoup surpris. Un « signal politique », selon Le Quotidien de l’Art, qui souligne que « ce pavillon a été financé par un pays corrompu et opaque », et relève les liens entre le pays et la compagnie pétrolière italienne ENI. Une « annonce à forte teneur politiquement correcte », rajoute le Figaro, qui souligne la pauvreté de la proposition artistique. La présentation de piles de photos de la ville de Luanda, prises par Edson Chagas, mêlées aux œuvres Renaissance du Palazzo Cini, ne semble en effet pas d’une grande originalité, tandis que le pavillon français occupé par l’installation Ravel/Unravel d’Anri Sala, était l’un des favoris.

Belle surprise et lot de consolation pour la France, le Lion d’argent, qui récompense le(la) meilleur(e) jeune artiste de la Biennale, a été décerné à la Française Camille Henrot, 34 ans (représentée en France par la galerie Kamel Mennour), pour son film Grosse Fatigue. Celui-ci raconte l’évolution de l’univers en 13 minutes, sur une texte du poète Jakob Bomberg et une bande sonore créée par le musicien Joakim. Une œuvre qui rejoint l’idée d’encyclopédie qui innerve la Biennale, et qui est assez proche du travail de Camille Henrot, dont on a récemment pu voir les bouquets de fleurs métonymiques ou les films poético-documentaires. L’artiste évoquer ici son travail pour la Biennale :

Le Lion d’or du meilleur artiste revient quant à lui à un artiste révéré des institutions depuis quelques années (il est également cette année l’un des nommés au Turner Prize), le performeur britannique Tino Sehgal, qui comme à son habitude produit une œuvre vivante et éphémère en mettant en scène dans le pavillon central des Giardini des individus qui chantent et dansent. Un prix qui démontre le grand retour de la performance dans l’art actuel, mais aussi le brouillage entre arts vivants et arts plastiques et la dématérialisation de l’art, à rebours de l’invasion des objets et d’une certain mode du clinquant. Vivifiant.

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