Votre action a été enregistrée avec succès !



LA NEWSLETTER

Galeries à Paris : les expos à ne pas manquer en juin

Magali Lesauvage 30 mai 2013

Share on FacebookTweet about this on TwitterGoogle+

Alors qu’un article pointe « l’univers impitoyable des galeries », citant la galeriste Aline Vidal, selon laquelle « les collectionneurs ne viennent plus dans les galeries », on se régale toujours à visiter les marchands d’art contemporain. Excursion dans le Marais, où l’on a croisé beaucoup de poésie, et aussi pas mal d’ironie.

Dominique Figarella, sans titre, 2013, peinture sur bois. Courtesy galerie Anne Barrault, Paris.

. Dominique Figarella – galerie Anne Barrault (jusqu’au 15 juin)

La peinture encore, la peinture toujours. L’exposition de Dominique Figarella, important artiste français que l’on voit trop rarement, laisse voir la peinture dans son épaisseur sensuelle, ses contrastes saisissants. Usant d’une technique complexe par couches et collages, l’artiste joue avec la matière même pour tromper les apparences, et apporte une « tension jubilatoire », selon l’historienne de l’art Guitemie Maldonado, au magma de la peinture, électrisée par des flashs géométriques. Grisant.

 Jean-Luc Moulène, Les Trois Grâces, film, 2013.

. Les Trois Grâces – galerie Chantal Crousel (jusqu’au 15 juin)

Partant d’un film de Jean-Luc Moulène montrant trois jeunes femmes adoptant tour à tour les poses de Grâces inspirées de l’art ancien, la galerie Chantal Crousel a réuni une douzaine d’œuvres d’artistes aussi divers que James Ensor, Thomas Hirschhorn, Francis Picabia, Rudolf von Laban, ou Abraham Cruzvillegas. Où il est notamment question d’obscénité, de triades, de voyeurisme et de canons esthétiques. 

Julien Nédélec, Les très bas reliefs, livre unique, 43 x 43 cm, 2011/2013. Courtesy Galerie ACDC et l’artiste. 

. Julien Nédélec. Les récits proches mentent – galerie Florence Loewy (jusqu’au 29 juin)

Le livre est l’un des médiums de prédilection de l’artiste Julien Nédélec, pourvoyeur de formes en séries. La galerie-librairie Florence Loewy accueille notamment son projet La Mort du livre, ensemble de « derniers mots » des livres de sa bibliothèque personnelle, ou les photographies de l’ouvrage Titrer, réalisé à partir de la liste d’injonctions formulée par Richard Serra (déchirer, gratter, froisser…). Clou de l’expo, un livre unique, Les très bas reliefs, dont les pages portent les traces du crayon frotté sur les murs d’une exposition. Où l’unique rejoint l’infini.

Giuseppe Penone, Tra…, 2008, bronze et feuilles d’or. Courtesy galerie Marian Goodman, Paris.

. Giuseppe Penone. Le Corps d’un jardin – galerie Marian Goodman (jusqu’au 22 juin)

C’est la saison Penone : le château de Versailles s’apprête à accueillir en ses jardins les sculptures naturalistes de l’artiste italien du Land Art, tandis que la galerie Marian Goodman présente des œuvres échelonnées entre 1984 et 2008. Le thème est essentiellement celui de l’arbre, d’une poésie stupéfiante quand il s’agit d’un tronc arraché aux cernes dorés, d’un bras en bronze qui entoure délicatement un feuillage, ou d’une paysage de ronces. Fantaisie fantastique.

Allan McCollum, The Shapes Project, 2013. Courtesy JGM. galerie.

. Allan McCollum. The Shapes Project and The Natural Copies of the Coal Mines of Central Utah JGM. galerie (jusqu’au 29 juin)

La JGM. galerie est transformée pour quelques semaines en un invraisemblable cabinet de curiosités, où l’on peut voir le « projet des formes » de l’artiste américain Allan McCollum, à partir d’un système qui lui « permet de fabriquer suffisamment de formes uniques pour que chaque personne sur la planète possède la sienne » – soit, jusqu’à 31 milliards de formes. Au sous-sol, ce sont des moulages réalisés à partir de moulages naturels d’empreintes de dinosaure, inventaire coloré de formes disparues.

 Vue de l’exposition Martin Barré à la galerie Nathalie Obadia,Paris , 2013.

. Martin Barré. 1972-1977, les années décisives galerie Nathalie Obadia (jusqu’au 29 juin)

À deux pas du Centre Pompidou, où est célébré l’œuvre de Simon Hantaï, ce sont les « années décisives » d’un autre grand maître de l’abstraction que l’on peut voir à la galerie Nathalie Obadia. Martin Barré (disparu en 1993) y est exposé en seize toiles datées des années 1972-1977, répondant à un processus de réalisation précis, chacune étant à considérer comme la partie d’une immense grille que l’on verrait par détails. Vertigineux.

 Vue de l’exposition de Lotta Hannerz à la galerie Claudine Papillon, Paris, 2013.

. Lotta Hannerz. [ʒwa də vivʁ]galerie Claudine Papillon (jusqu’au 15 juin)

La figuration est légèrement passée de mode, et c’est cette délicate désuétude que l’on ressent dans l’exposition de l’artiste suédoise Lotta Hannerz à la galerie Claudine Papillon : on songe aux surréalistes Salvador Dalí ou Meret Oppenheim dans ces sculptures réalistes et ces peintures étranges. Une douce mélancolie s’en dégage, à l’opposé de la « joie de vivre » annoncée par le titre (en phonétique) de l’expo.

Vue de l’installation Moneybox de Gianni Motti à la galerie Emmanuel Perrotin, Paris, 2013.

. Gianni Motti – galerie Emmanuel Perrotin (jusqu’au 15 juin) 

À 55 ans, l’artiste italien Gianni Motti n’en est pas à son coup d’essai. Pour sa première exposition à la galerie Emmanuel Perrotin, il choisit le coup de maître pour présenter son installation Moneybox (dont la première version fut montrée en 2009 au centre d’art La Ferme du Buisson, à Marne-la-Vallée) : le budget de l’exposition est littéralement présenté sous forme de billets d’un dollar suspendus au plafond des salles de la galerie. Une proposition au fort quotient ironique, étant donnée la réputation bling-bling de l’écurie Perrotin.

Pauline Bastard, Like Jenga, 2013. Courtesy galerie Eva Hober, Paris.

 . Pauline Bastard. Like Jengagalerie Eva Hober (juqu’au 15 juin)

C’est un projet incroyable, un peu fou et pourtant d’une simplicité désarmante que nous expose Pauline Bastard chez Eva Hober. Après avoir acheté pour un euro symbolique une maison dans les Landes, l’artiste a entrepris de « relâcher » les éléments de celle-ci dans la nature environnante. Une destruction/dilution pour faire œuvre qui suit toujours son cours et se situe aux frontières de la performance, du Land Art, de la sculpture et de l’architecture. Une invitation aussi à suivre l’artiste pas à pas, et à partager avec elle des moments d’une grande intensité poétique.

 

LES DERNIERS ARTICLES

AJOUTER UN COMMENTAIRE