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Transformisme et art contemporain dans la collection de l’IAC

Magali Lesauvage 24 mai 2013

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Que doit être une collection d’art contemporain ? Comment choisir des œuvres que l’on estime représentatives de la création à un instant ? Depuis 30 ans, c’est l’exercice difficile qu’accomplissent les Fonds régionaux d’art contemporain, dont les collections sont par définition des précipités arbitraires de la création contemporaine. Démonstration en quelques exemples issus de l’exposition Transformations au Plateau de l’Hôtel de Région à Lyon, pour laquelle l’artiste Vincent Lamouroux a sélectionné une trentaine d’œuvres provenant de l’IAC de Villeurbanne.

François Morellet, Deux carrés (tableaux) formant (verticalement et horizontalement) un angle de 30° avec le mur et ayant un côté commun avec un angle droit (néon), 1981. Photo : André Morin © ADAGP, Paris.

Toute collection d’art contemporain digne de ce nom doit avoir dans ses réserves une ou plusieurs œuvres de François Morellet, dont on note chaque année l’omniprésence sur les stands des foires. Pourquoi une telle représentation de l’artiste français de 87 ans dans les collections et les expositions en France ? Sans doute parce que son travail, magnifiquement exposé au Centre Pompidou en 2011, permet d’évoquer celui de mille autres. Art conceptuel, art minimal, peinture, sculpture, installation, sérieux, ironie, radicalité, liberté… l’œuvre de Morellet, révéré d’une bonne partie de la jeune génération d’artistes, résume à lui seul une partie de l’art des soixante dernières années. Ainsi de cette pièce au titre à rallonge, qui, entre peinture et sculpture, fait valser avec élégance les catégories esthétiques.

Tony Cragg, The Stack, 1981 (premier plan) ; Bertrand Lavier, Peinture, 1983, vue de l’exposition Transformations, Le Plateau – Hôtel de la Région Rhône-Alpes, Lyon. Photo : Blaise Adilon © ADAGP, Paris.

En deux œuvres sont résumées ici les ambiguïtés de la sculpture et de la peinture contemporaines : le Britannique Tony Cragg empile des matériaux de récupération, et donne pour titre à son œuvre The Stack (le tas), tandis que le Français Bertrand Lavier repeint un buste sculpté qu’il nomme Peinture. À chaque fois, la démarche est simple et exposée en toute transparence : l’artiste fait ce qu’il dit, et dit ce qu’il fait – un peu comme François Morellet avec son titre décrivant précisément les caractéristiques visuelles de l’œuvre. L’ekphrasis – cette science antique de la description esthétique – colle littéralement à l’objet, tandis que sont ici encore déjouées les classifications habituelles.

Gerhard Richter, Kerze n°511/1 [Bougie n°511/1], 1982 © Yves Bresson, Musée d’art moderne Saint-Etienne Métropole © ADAGP.

L’exposition du Plateau concoctée par Vincent Lamouroux – lui-même transgresseur de formes alliant sculpture et architecture – recèle ainsi un certain nombre d’œuvres dont il est ardu de qualifier la nature. Ainsi des photos de Cindy Sherman qui sont à la fois de l’ordre de l’autoportrait et de la parodie, ou de cette célèbre « photo-peinture » de Gerhard Richter, qu’il qualifie lui-même de « la chose la plus bête et la plus anti-artistique que l’on puisse faire ». Cette vanité contemporaine fascine le spectateur à la fois par son caractère d’image de recueillement, et son statut trouble entre peinture et photographie, résumant les enjeux complexes de la représentation à la fin du XXe siècle, et de l’une des caractéristiques de l’art d’aujourd’hui : son transformisme.

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