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Au Louvre, la révolution Giotto

Magali Lesauvage 14 mai 2013

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Révolutionnaire, Giotti di Bondone ? L’exposition de la salle de la Chapelle, au Louvre, en fait la démonstration, courte mais efficace, grâce à une petite trentaine d’œuvres vers lesquelles se tendent une foule de nuques. Car c’est un privilège de pouvoir apprécier de près la peinture de l’un des artistes majeurs de l’histoire de l’art occidental, et de quelques-uns de ses « compagni », qui accomplirent au tournant du XIVe siècle une véritable révolution. La preuve par cinq.

Giotto, Saint François d’Assise recevant les stigmates, élément de prédelle : Saint François prêchant aux oiseaux, huile sur bois, Paris, musée du Louvre, département des Peintures © RMNGrandPalais/Michel Urtado.

Un dessin plein

Avec Giotto, on quitte la sécheresse du tracé médiéval et de la représentation d’êtres sans corps. Les joues se remplissent, les vêtement se gonflent, les drapés se tendent. Giotto, qui fut également sculpteur, donne du volume et du poids à sa peinture et l’amène vers un plus grand naturalisme.

Un pas vers le réalisme

Si Giotto ne parvient pas totalement à désincarcérer les corps de la « boîte » dans laquelle les artistes du Moyen-Âge les situaient généralement, il les porte vers des environnements plus réalistes, grâce notamment à sa science de la perspective. Le traditionnel fond d’or des scènes sacrées est par ailleurs peu à peu remplacé par le fond bleu – une teinte particulière au peintre, celle d’un ciel matinal sans nuage dans la campagne toscane – qui uniformise les scènes (comme dans les fresques de la basilique Saint-François d’Assise qu’il réalise dans les années 1290), tout en les situant encore dans un ailleurs idéal. La grande variété de coloris utilisée montre la volonté de l’artiste d’amener plus de fantaisie dans l’art, tout en révélant les grands progrès faits dans la science des couleurs, notamment le travail sur les complémentaires (par exemple dans les reflets rouges visibles dans les drapés verts).

Géométrie

Les recherches sur la perspective de Giotto s’accompagnent d’une plus grande attention portée à la communication entre les personnages, entre lesquels circule une véritable géométrie de la parole et des sensations. Ce rapport entre les êtres est représenté de manière littérale dans le Saint François d’Assise recevant les stigmates du Louvre : les corps sont reliés par cinq rayons virtuels, qui objectivent la transmission surnaturelle des marques laissées sur le corps du Christ au moment de la Crucifixion.

Sentiment

Chez Giotto, les visages ont encore le type gothique : anguleux, joues plates, yeux bridés et bouche discrète. Mais malgré leurs traits creusés par la douleur, ou au contraire leur expression de béatitude, les personnages ne versent pas dans la caricature, et expriment toute une gamme de sentiments : extase, recueillement, souffrance, compassion. L’artiste fait un pas vers la modernité, non seulement par le réalisme de ses figures, mais également par la représentation de sensations réelles, et de l’homme dans le monde, que personnifient saint François et son vœu de pauvreté.

Paix et harmonie

Le sentiment s’exprime également dans la douceur du dessin et la sérénité d’ensemble des œuvres de Giotto, dont l’harmonie fait parfois songer à celle de la peinture chinoise. La peinture giottesque, un art philosophique ? Certes, si l’on observe par exemple le fameux élément de prédelle de Saint François d’Assise recevant les stigmates, où l’on voit le moine prêchant aux oiseaux, la main tendue en geste de bénédiction et d’offrande vers de frêles volatiles peints avec une grande délicatesse et un réalisme inédits. Grâce à Giotto, la peinture, et Dieu avec elle, redescendent parmi les hommes.

GIOTTO E COMPAGNI

18/04/2013 > 15/07/2013

Musée du Louvre

PARIS

Reconnu comme le principal artisan du renouveau de la peinture occidentale depuis l’Antiquité, Giotto (vers 1267- 1337) a joué un rôle ...

Exposition terminée
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