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Facebook et Twitter connectent le public au musée… et à l’art ?

Maxence Quillon 8 mai 2013

Les réseaux sociaux sont devenus des agents de promotion incontournables pour les musées, grands et petits, qui se font proches de nous, révèlent leurs coulisses, animent nos week-ends ! Mais à trop vouloir faire d'une exposition un « événement » collectif, ne fait-on pas passer le visiteur à côté de quelque chose 

Photo de la soirée Facebook Louvre, le 23 mars 2012 © 2012 musée du Louvre/Antoine Mongodin.

Cela fait longtemps que les institutions culturelles ont développé sur le web une politique de médiation passant par les réseaux sociaux. Plus de cent musées en France ont un compte Twitter et, quant à Facebook, c’est devenu « indispensable », comme le soulignent les acteurs du secteur.

Or, animer un compte Twitter ou un compte Facebook, cela prend du temps et des community managers ont été embauchés par les musées. Eric Jouvenaux, qui travaille au musée d’Orsay, confie au Huffington.fr que les musées cherchent à  s’éloigner d’une communication institutionnelle : « Pour cela, on partage aussi des photos d’archives, on montre les coulisses du musée, on communique directement avec les utilisateurs ».

Le musée, c’est branché

Ce nouveau mode de communication ne remet sans doute pas en cause l'intérêt ni le sérieux des expositions elles-mêmes, mais désormais, les musées donnent dans le jeune, le collectif, le sympa : c'est ainsi que le Louvre a organisé le 19 avril dernier une « Soirée Facebook - Fan du Louvre », que le Grand Palais a lancé un jeu de piste dans le métro parisien dont les heureux gagnants ont assisté à l'avant-première de l'exposition Dynamoou que le musée d'Orsay a souhaité promouvoir l'exposition l'Ange du bizarre auprès du jeune public.

Internet devient ainsi un outil de promotion culturelle. L'art descend de son piédestal, devient une activité plaisante d'une communauté d'amis et se réconcilie enfin avec la vie, la vraie. Une fête éclate sous le dôme du Grand Palais, parmi les fascinants cercles de couleurs de Daniel Buren pour Monumenta ; un « Bal électrique » est prévu le 16 mai prochain dans ce même lieu, durant lequel on pourra « lever les bras au son d'un quatuor de DJ incontournable » et « vivre une expérience cinétique ultime ».

On peut se réjouir que Facebook invite au musée un public toujours plus large ; et tant mieux si Le Louvre anime sa communauté de fans en organisant un concours de beauté entre divers nus de maîtres, soumis aux votes des internautes. Mais cela n'a pas grand-chose à voir avec l’expérience artistique qui se situerait plutôt dans un face-à-face patient et personnel entre une œuvre et un regard qui la scrute. Un jeu ou une soirée à la mode qui se déroule dans un musée est un moment collectif, mais la contemplation d’une œuvre est une activité intime et sans doute exigeante.

Cela étant, les réseaux sociaux ont le mérite de rassembler acteurs et amateurs du monde culturel et de créer une dynamique de groupe dont l’art est le moteur. La communauté des #museogeeks, par exemple, fondée en décembre 2010, met en commun leur expérience et leur impressions sur Twitter, et est à l’origine de plusieurs projets en commun.

Sébastien Magro, chargé de projet nouveaux médias au musée du Quai Branly, décrit plusieurs de leurs entreprises sur son blog DASM. Là, on rencontre Muzeonum, une confrérie virtuelle qui échange ressources numériques, informations pratiques et bons plans ; on découvre le projet Muzeomix, qui propose à ses membres de créer des dispositifs originaux de médiation culturelle et de coloniser plus avant le continent numérique ; ou encore le groupe Un Soir, Un Musée, Un verre (SMV), apparu en 2011, qui s’est constitué en association et propose de nouvelles façons de visiter les musées.

Un tweet de #jourdefermeture, publié par le musée de Boulogne-sur-Mer le 16 avril.

Le musée te parle

Mais Internet ne s’est pas contenté de mélanger, au sein de ces groupes virtuels, des professionnels de la culture et de simples amateurs. Il a également créé un nouveau rapport entre musée et visiteurs. Dans le traditionnel Livre d’or, les visiteurs écrivaient leurs impressions, bonnes ou mauvaises, à l’intention du musée et de leurs responsables. Désormais, l’inverse existe sur les réseaux sociaux puisque les musées eux-mêmes se rassemblent pour commenter, à l’intention des visiteurs et des amateurs, leur propre activité dont ils montrent les images autrefois inconnues (via Instagram notamment).

Par exemple, un collectif de musées français, suisses et québécois s’est rassemblé sur Twitter sous le hashtag #jourdefermeture. L’idée est de révéler les coulisses des musées et d’en montrer les activités les jours où ils sont fermés au public – généralement le lundi ou le mardi. Avec ce mot-clic, les musées eux-mêmes transmettent des photos et des informations pratiques sur les expositions, le fonctionnement de l’institution (mécénat, relation presse), et diverses anecdotes de coulisses. Le musée de Cluny y est assez actif : il propose des énigmes aux internautes, il offre un visuel de deux tapisseries de La Dame de la Licorne, actuellement exposées au Japon, ou encore rappelle qu'il sera exceptionnellement fermé le 1er mai...

Les tweets ont souvent un ton volontairement décalé pour laisser l’impression d’une connivence avec le lecteur ; ils en deviennent parfois agaçants, mais ils ont le mérite de présenter des moments insolites de la vie mystérieuse d’un musée. Les photos échangées sont tantôt de simples visuels de promotion, tantôt des images intéressantes qui saisissent des situations interdites au visiteur lambda – comme cette photo du musée Carnavalet où l’on voit deux mains qui agrippent un buste sculpté ou encore cet aperçu d'une installation en cours au Quai Branly.

Grâce à ces superstructures virtuelles, à ce discours permanent du musée sur le musée, les institutions culturelles gagnent en visibilité. Mais on ne connaît pas exactement les retombées, en termes de fréquentation et de revenus, de cet investissement en communication qui, sous son air plaisant et parfois gnangnan, obéit sans doute – et c’est bien normal – à une stratégie marketing.

L'important est de faire en sorte que le lecteur se sente concerné, désiré, considéré : le musée vous parle, il vous attend, il vous fait entrer dans le groupe, vous donne accès à tout. Le prix de cette instantanéité ? Peut-être une certaine expérience esthétique qui, comme tout ce qui est profond, nécessite temps et retrait.

DYNAMO

10/04/2013 > 22/07/2013

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