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Les tableaux de Claude Guéant : résumé de l’affaire

Magali Lesauvage 3 mai 2013

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Tempête dans un verre d’eau ou banale affaire de fraude à l’exportation d’œuvre d’art qui pourrait bien faire sombrer un ancien ministre de la République ? Claude Guéant, ministre de l’Intérieur de février 2011 à mai 2012, justifie un virement énigmatique de 500 000 euros par la « vente en 2008 de deux tableaux du peintre hollandais Andries van Eertvelt à un confrère avocat » qui soulève quelques questionnements. Résumé.

Andries van Eetvelt, Tempête près de Lépante, 1623, Gand, musée des Beaux-Arts.

Une question, en particulier, a été soulevée par La Tribune de l’Art mercredi 1er mai : Claude Guéant « a-t-il, ou non, demandé un certificat d’exportation au ministère de la Culture ? En effet, tout tableau sorti de France doit obtenir un tel certificat, dès lors que sa valeur dépasse 150 000 euros ». Une somme qui, selon l’ancien ministre, aurait dû être largement dépassée par au moins l’une des deux œuvres, puisque le virement reçu, soi-disant, pour cette vente est de 500 000 euros. Or, le ministère de la Culture a affirmé hier, jeudi 2 mai, n’avoir reçu aucune demande de certificat d’exportation pour la vente de ces tableaux.

Claude Guéant, dont le métier n’est pas celui de marchand d’art, peut toujours se défendre de ne pas connaître cette nécessité. Mais nul n’est censé ignorer la loi – encore moins un ancien ministre de l’Intérieur –, et son « oubli » pourrait lui valoir une amende pour infraction douanière. Voire, si les œuvres sont estimées trésors nationaux, deux années de prison et une amende de 450 000 euros. Sauf si l’acheteur, un avocat malaisien, a laissé les œuvres en France. Selon le quotidien Libération, Claude Guéant affirme tenir en sa possession « les pièces justificatives de la vente de ces deux tableaux à la disposition de la justice ».

À cela s’ajoute une question de taxe sur les plus-values dont Claude Guéant serait exonéré s’il a, comme il l’affirme, acquis les œuvres il y a une vingtaine d’années.

Deuxième énigme : quand bien même leur ancien propriétaire serait en règle avec les autorités douanières, la somme de 500 000 euros obtenue pour ces deux tableaux excède largement la cote de l’artiste Andries van Eertvelt, peintre hollandais du XVIIe siècle, spécialiste des marines, dont on peut voir les œuvres notamment au musée des Beaux-Arts de Gand. Une cote qui devrait cependant grimper avec cette affaire. Selon le site Artprice, le prix des tableaux d’Andries van Eertvelt en ventes publiques a varié ces dix dernières années de 12 000 à 140 000 euros.

Or la valeur estimée de chacune des œuvres de 30 centimètres sur 60 provenant de la collection Guéant est, selon la même source, d’un peu plus de 15 000 euros… Mais le marché de l’art a parfois ses extravagances, et Claude Guéant peut toujours se défendre d’être un excellent marchand d’art.

Troisième question (subsidiaire, on l’accorde) : Claude Guéant affirme qu’il s’agit de « toiles peintes sur bois ». Ce qui, concrètement, n’existe pas.

[Mise à jour le 16 mai] Et, après les deux tableaux flamands, c’est un tableau ivoirien qui ajoute de la confusion : en novembre 2011, l’ancien ministre de l’Intérieur, alors en visite officielle en Côte d’Ivoire, a reçu un tableau de l’artiste James Houra qu’il a conservé. Or, la toile était adressée à l’Etat à travers son représentant et n’aurait pas dû entrer dans le patrimoine personnel de Claude Guéant, peut-on lire sur LeMonde.fr. Affaire à suivre…

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