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« En Vie » : la Fondation EDF reprogramme le vivant

Maxence Quillon 26 avril 2013

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En Vie est une exposition qui fait de la recherche scientifique un acte véritablement créateur. Produite par la Fondation EDF, elle présente les travaux d’architectes, de designers et de chercheurs qui placent la biotechnologie au cœur de leurs projets. Les œuvres exposées sont fascinantes jusqu’à l’utopie ; elles bouleversent les frontières entre l’art et la science et ne vont pas sans soulever, en creux, plusieurs questions éthiques.

Le projet Fab Tree HabVillage, conçu par Terreform ONE © Mitchell Joachim, Lara Greden et Javier Arbona.

La commissaire d’En Vie, Corole Collet, a conçu une exposition étonnante, structurée en cinq moments qui obéissent à une logique très claire et très pédagogique. Il faut dire que Carole Collet est elle-même chercheur, designer et maître de conférences – c’est-à-dire une personne en prise directe avec l’actualité des biotechnologies, et l’exposition s’en ressent.

Des œuvres les plus réalistes aux plus utopiques

Les objets et prototypes exposés sont répartis sur les deux niveaux de la Fondation EDF. On découvre d’abord les œuvres des « plagiaires » qui se contentent de copier ou d’utiliser des mécanismes naturels ; puis viennent les créations des « nouveaux artisans » qui entent leurs œuvres sur les processus naturels qu’ils détournent au profit de l’homme. Ensuite arrivent les « bio-hackers » qui sont aujourd’hui capables d’ôter le génome d’une bactérie pour le remplacer par un autre – la reprogrammation génétique du vivant. Suivent les « nouveaux alchimistes » qui combinent le vivant biologique et l’inerte chimique ou électronique ; et enfin, « les agents provocateurs » explorent les possibilités extrêmes des technologies pour les critiquer ou en tirer des solutions écologiques futuristes.

Ainsi, au fil de l’exposition, on constate que l’homme se saisit de plus en plus intimement du cœur des choses pour créer bijoux, textiles, maisons, mobilier, objets de design et de mode… On peut voir les habitats, imaginés par le collectif Terreform ONE, qui se greffent véritablement aux arbres et vivent en symbiose avec l’environnement ; on découvre également le projet de Carole Collet qui pourrait, en 2050, transformer des plantes en usines naturelles produisant des fruits augmentés ou du tissu au lieu de racines. Certains artistes conçoivent des œuvres plus utopiques encore : la designer Shamees Aden imagine les chaussures intelligentes du futur, faites avec des protocellules qui s’adaptent en temps réel au terrain qu’elles foulent et aux pieds qui les portent.

Le dernier projet flirte quant à lui avec la science-fiction. L’artiste Arne Hendrix présente The Incredible Shrinking Man (L’Incroyable Homme qui rétrécit). Son projet de recherche spéculatif résout les problèmes écologiques de façon radicale : il s’agit tout simplement de  ramener l’homme à une taille de 50 cm pour qu’il n’utilise plus que 2 à 5% des ressources dont il a aujourd’hui besoin…

La chaussure du futur imaginée par la designer Shamees Aden © Shamees Aden

Coup d’œil sur le futur

L’exposition En Vie bouleverse non seulement les limites entre l’humain et le naturel mais aussi les frontières entre l’art et la science, car chercheurs et designers collaborent pour trouver des solutions pratiques aux défis qui s’imposent à l’homme. En Vie a également le mérite de lever le voile sur les recherches de pointe qui se déroulent dans l’ombre des laboratoires scientifiques, mais qui sont en train d’accoucher du monde de demain. Si les nombreux projets découverts sont futuristes, ils ne relèvent pas pour autant du fantasme puisque plusieurs ont déjà été réalisés ou sont en cours de réalisation. Les technologies du vivant ouvrent ainsi des perspectives étonnantes aux futurs modes de vie, et, comme le dit Carole Collet, « nous venons de franchir une étape extraordinaire dans l’histoire de la planète Terre : nous, les humains, nous sommes capables de programmer la vie. Dans un laboratoire. En temps réel ».

Mais, certaines œuvres des « agents provocateurs » ne laissent pas pour autant d’inquiéter, et à l’étonnement peut succéder une certaine appréhension : l’homme, à trop vouloir se faire « maître et possesseur de la nature », selon la formule de Descartes, ne risque-t-il pas de jouer les apprentis sorciers ? Reprogrammer le vivant ne comporte-t-il pas quelques dangers ? Et les alchimistes du vivant ne se heurtent-ils pas à des problèmes bioéthiques ? Enfin, l’Homme qui s’exhausse jusqu’à dominer le cœur même des choses ne risque-t-il pas de se précipiter dans un vide qu’il pressent ? A cela, En vie n’offre pas de réponse définitive.

 

EN VIE

26/04/2013 > 01/09/2013

Espace Fondation EDF

PARIS

Une révolution tranquille est en cours. Un nouveau genre de designers commence à repenser notre monde en réorchestrant notre relation à ...

Exposition terminée
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