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DYNAMO : l’œuvre d’art comme machine à rêves

Magali Lesauvage 9 avril 2013

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DYNAMO, au Grand Palais, a pour ambition de refaire l’histoire du visible des cent dernières années. L’exposition, qui nécessite une certaine disponibilité sensible, est aussi une manière d’aborder l’histoire de l’abstraction dans l’art, du début du XXe siècle à aujourd’hui. Visite à la veille de l’ouverture au public.

Joël Stein, Anaphormose, 1967, collection particulière.

Espace et vision : c’est autour de ces deux notions (plus deux notions subsidiaires : le mouvement et la lumière) que Serge Lemoine et Matthieu Poirier, les commissaires de l’exposition DYNAMO, ont bâti leur propos. Un discours très sérieusement construit, servi par une scénographie elle aussi très stricte, voire assez froide, mais qui permet d’éviter l’effet parc d’attraction et de tenir le visiteur en haleine tout au long de la trentaine de salles qui font le tour du Grand Palais sur deux étages.

Avec plus de 200 œuvres, qui chacune mérite plusieurs minutes d’attention, et un parcours de 3700 m² déployé sur la totalité des Galeries nationales du Grand Palais, DYNAMO – Un siècle de lumière et de mouvement dans l’art 1913-2013, est un défi pour les yeux (on ne compte plus les mises en garde destinées aux personnes épileptiques) et les jambes (un « itinéraire court » est même prévu pour les moins courageux). S’il manquait une exposition d’envergure narrant la modernité par son aspect le plus formaliste, c’est désormais chose faite. L’originalité étant que l’on débute avec les « contemporains » (John M. Armleder, Anish Kapoor, Carsten Höller), pour terminer avec les « pionniers » (Duchamp, Moholy-Nagy, Calder, Kupka), en passant par des aires à l’intitulé aussi clair que poétique – « Vision/Claire-voie », « Vision/Permutation », « Espace/Abîme », « Espace/Halo ».

La salle « Vision/Claire-Voie » au Grand Palais, avec des œuvres de Sobrino, Cruz-Diez, Le Parc et Vasarely.

L’abstraction géométrique est présentée là dans sa belle rigueur, grâce à des œuvres majeures de François Morellet, Vera Molnar, Bridget Riley, Josef Albers, tandis que d’autres ensembles accomplissent avec efficacité leur devoir perturbateur : ainsi les halos immersifs d’Ann Veronica Janssens, les apparitions spectrales de James Turrell, les labyrinthes spéculaires de Julio Le Parc ou les espaces « chromosaturés » de Carlos Cruz-Diez. Intensément sensible, l’exposition fait une bonne place à l’art cinétique, avec Pol Bury ou Soto, et aux jeux d’illusion optique, comme l’Anaphormose de Joël Stein, membre du GRAV (Groupe de Recherche d’Art Visuel). Certaines, comme la « machine à rêves » de Bryon Gysin, font la jonction entre outil de sciences appliquées à l’art et machine à illusion.

Pléthorique, DYNAMO finit cependant par user quelque peu la concentration du visiteur, dont l’attention est au fur et à mesure surtout attirée par les œuvres en mouvement – le bouleversant Beyond the fans, deux bandes magnétiques maintenues en suspension dans l’air, de Zilvinas Kempinas – ou spectaculaires – comme le Mobile du Grand Palais de Xavier Veilhan, somptueusement disposé dans l’escalier monumental, ou les disques peints par Felice Varini dans la colonnade extérieur du bâtiment. Mais l’intelligent retour sur soi-même accompli à la fin de l’exposition, où l’on retrouve les innovations centenaires de Delaunay, Balla, Calder ou Rodtchenko, apporte une conclusion apaisée, dans un mouvement circulaire de l’histoire des formes. Alors, enfin, le mouvement émeut.

DYNAMO

10/04/2013 > 22/07/2013

Galeries nationales du Grand Palais

PARIS

Les notions d’espace, de vision, de mouvement et de lumière traversent l’art abstrait du XX siècle et concernent de nombreux artistes ...

Exposition terminée
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