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Galeries à Paris : les expos du mois (3)

Magali Lesauvage 8 avril 2013

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C’est le printemps, mais la météo reste morne, et les temps peu flamboyants. Une ambiance grisée dont les artistes, avec leur délicatesse légendaire, nous renvoient l’image, tout en augmentant le contraste et la brutalité. Démonstration en galeries (avec ce mois-ci un détour par Belleville).

Jan Fabre, Gisants (Hommage à E.C. Crosby et K.Z. Lorenz), galerie Daniel Templon (jusqu’au 20 avril)

La mort hante le travail de l’artiste belge Jan Fabre, qui expose ici avec quelque lourdeur des gisants et des cerveaux-fleurs en marbre. La fragilité des insectes translucides qui viennent s’y nourrir s’oppose à la solidité du marbre éclatant. On pense à la délicatesse de la Psyché de Canova, tenant en ses doigts des ailes de papillon, et aux subtilités de drapés de la Sainte Cécile de Maderno. Avec dans le rendu une once de finesse en moins.

Guillaume Leblon, Les Nouveaux Anges, galerie Jocelyn Wolff (jusqu’au 27 avril)

On songe aussi au thème du gisant chez Jocelyn Wolff, sur les hauteurs de Belleville. Guillaume Leblon y présente une série d’œuvres récentes, Les Nouveaux Anges (restons dans la sphère de l’au-delà), et notamment des moulages en plâtre de vêtements évoquant un corps absent. L’artiste joue également avec l’espace de la galerie en déplaçant l’un de ses murs à l’extérieur, sur le trottoir. Au-delà, donc.

Isabelle Cornaro, Gold Boxes, galerie Balice Hertling (jusqu’au 11 mai)

À quelques mètres de là, chez Balice Hertling, Isabelle Cornaro expose ses God Boxes, qui renvoient aux tombeaux antiques à bas-reliefs peuplés de coquillages, aux portes des baptistères de l’âge baroque, ou encore à des urnes anciennes enfouies sous des amas de cendres. Les reliefs de Cornaro sont d’une noirceur qui interdit la vision en trois dimensions, tandis que leur disposition en cubes massifs évoque l’art minimal. Dieu est caché dans la boîte.

Steven Parrino (+ Armleder, Barré, Buren, Hantaï, Mosset, Parmentier, Toroni), galerie Gagosian (jusqu’au 25 mai)

On se téléporte loin de là, dans le 8e arrondissement, pour retrouver chez Larry Gagosian un grand artiste du noir et de la lumière, Steven Parrino, disparu en 2005. Ses panneaux noirs, éclatés, troués, mutilés, dialoguent avec les œuvres de ses contemporains : Armleder, Barré, BMPT… Ou comment prendre la peinture par la bande.

Ernesto Sartori, Quand deux deviennent un, galerie Marcelle Alix (jusqu’au 27 avril)

Retour à Belleville et clin d’œil au formalisme, avec le jeune artiste Ernesto Sartori, ancien élève de l’Ecole des Beaux-Arts de Nantes, qui présente chez Marcelle Alix ses sculptures basées sur des formes mathématiques. Une austérité formelle défiée à coups de grands traits de couleur sur ces panneaux de bois assez cheap. Et vlan BMPT.

Petra Köhle & Nicolas Vermot Petit-Outhenin, It depends entirely upon the hue of the lighting, galerie de Roussan (jusqu’au 11 mai)

La jeune galerie de Roussan expose le projet d’un duo d’artistes suisses, Petra Köhle & Nicolas Vermot Petit-Outhenin, qui travaillent notamment à partir d’archives photographiques. En l’occurrence ici, celles de Rosmarie Nohr, photographe allemande qui débuta sa carrière sous le régime nazi. Où l’on découvre que les préoccupations esthétiques restent proches, d’une époque et d’un contexte à l’autre.

Chris Ware, galerie Martel (jusqu’au 27 avril)

Depuis quelques semaines la galerie Martel, dans le 10e arrondissement, ne désemplit pas de fans venus voir de près les planches originales des albums de l’auteur américain Chris Ware : Jimmy Corrigan (2000), Quimby the Mouse (2003) et le dernier en date, Building Stories (2012). Le trait clair et précis cerne les figures mélancoliques, perdues dans des architectures vertigineuses. Un sommet de la BD actuelle.

Fiona Rae, New Paintings, galerie Nathalie Obadia (jusqu’au 25 avril)

On termine avec le nouvel espace de la galerie Nathalie Obadia, rue du Bourg-Tibourg (près de l’Hôtel de Ville), et la découverte des peintures récentes de l’artiste britannique Fiona Rae, auteure de projections mentales colorées, entre expressionnisme abstrait et Pop Art. Le printemps, finalement, est arrivé.

JAN FABRE

28/02/2013 > 20/04/2013

Galerie Daniel Templon - Paris

PARIS

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