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« Big Air Package », première installation de Christo à huis clos

Laura Heurteloup 27 mars 2013

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Depuis 1971, Christo Vladimiroff Javacheff emballe les édifices et zones naturelles du monde entier de tissus blancs ou colorés. Mais pour la première fois, il étend sa toile dans un lieu clos, ancien réservoir à gaz : le Gasometer d’Oberhausen, en Allemagne.

Christo , Big Air Package, 2013 © DR.

Le 16 mars dernier, à Oberhausen en Allemagne, l’ancien réservoir de gaz a ouvert ses portes à un étrange ballet de visiteurs venus voir la dernière installation de Christo, Big Air Package. De renommée internationale, cet artiste d’origine bulgare a fait le tour du monde avec ses emballages d’édifices et d’éléments naturels impressionnants. Du Pont Neuf à Paris en passant par les îles de la baie de Biscayne à Miami ou encore le Reichstag de Berlin, ces empaquetages monumentaux et éphémères, qu’il réalisait avec son épouse Jeanne-Claude, décédée en 2009, transforment l’identité de ces témoignages historiques et géographiques. Pour Christo, « l’urgence d’être vu est d’autant plus grande que demain tout aura disparu… Personne ne peut acheter ces œuvres, personne ne peut les posséder, personne ne peut les commercialiser, personne ne peut vendre des billets pour les voir… Notre travail parle de liberté » (Le Laboratoire du geste).

Avec Big Air Package, visible à l’intérieur du réservoir, il opère un tournant dans sa série de réalisations. Seul indicateur de la présence de l’œuvre, une grande toile affichée sur les parois extérieures du Gasometer. Le grand ballon blanc aux formes voluptueuses lacérées de câbles noirs (version plus légère de l’étouffant Léviathan d’Anish Kapoor présenté au Grand Palais en 2011) est l’œuvre de tous les records : 4500 mètres de câbles, 3000 heures de travail, 2035 mètres de tissus, 50 mètres de diamètre, 90 mètres de hauteur pour un poids total de 5 tonnes. Le visiteur, en entrant dans cette enveloppe laiteuse, se retrouve dans un espace lumineux et aérien dont les spirales semblent fuir vers le ciel. Pour mesurer toute l’ampleur de cette installation, un ascenseur entre les parois du Gasometer et le mur de tissu blanc permet de la longer, et d’accéder dix mètres au-dessus de la sculpture éphémère.

Christo, qui s’est confié à Arte, aime dans sa dernière création « le contraste entre l’acier, sa force, son énergie et la légèreté de l’air ». Et avoue : « C’est l’œuvre la plus abstraite que j’ai jamais réalisée ».

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