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L’État invite le public à participer à la restauration titanesque du Panthéon

Laura Heurteloup 25 mars 2013

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Erigé entre 1764 et 1790, le Panthéon, bâtiment emblématique de la nation, va profiter d’une restauration à compter du mois d’août prochain. Dix années de lifting financé par l’État, qui invite les Français aux dons jusqu’au 1er mai. Une opération de crowdfunding qui peine pour le moment à trouver un écho auprès du public.

Le Panthéon © Jean-Luc Paillé.

Dessiné par l’architecte Jacques-Germain Soufflot, Le Panthéon a aujourd’hui besoin d’un programme de restauration complet. Accueillant près de 700 000 visiteurs par an, ce site patrimonial emblématique fut à l’origine dédié à Sainte-Geneviève, patronne de Paris, avant de devenir temple républicain en 1791 et d’abriter les tombeaux des grandes figures de l’Histoire de France : Rousseau, Victor Hugo, Marie Curie, Jean Moulin, André Malraux… L’importance de ce témoin de pierre, et sa dégradation – d’importantes fuites d’eau provoquent la rouille des éléments métalliques – obligent l’État, soutenu par le Centre des monuments nationaux, à engager une procédure de restauration.

D’un budget de 100 millions d’euros, le chantier qui débutera en août prochain s’échelonnera sur une dizaine d’années. Considéré comme le plus grand projet de restauration jamais réalisé en Europe, il nécessite plusieurs étapes de travaux : la réfection des parties hautes, du dôme, du péristyle, des voûtes et des murs intérieurs, les parements extérieurs et enfin les sols de l’enclos extérieur, dernière étape qui devrait être terminée en 2022.

Pour financer ce projet d’envergure, l’État a lancé le 6 novembre dernier une opération de crowdfunding et invite qui le souhaite à investir avec lui pour sauver ce symbole de la République. Pour ce faire, un compte sur My Major Company a été créé pour réunir une partie des fonds nécessaires. À ce jour, 1100 contributeurs se sont manifestés, et un peu plus de 60 000 euros ont été récoltés, somme assez dérisoire par rapport à l’ampleur du projet.

Pour les généreux donateurs, qui ont jusqu’au 1er mai pour participer, les contreparties sont nombreuses : cela va du remerciement personnalisé sur la page Facebook du bienfaiteur à l’inscription de son nom ou à l’affichage de sa photographie aux portes du Panthéon, en passant par des invitations pour la soirée d’inauguration du Panthéon restauré. Pour Philippe Belaval, président du Centre des Monuments Nationaux, cet appel aux dons est « un résultat très intéressant sur le plan de la communication car cela permet de sensibiliser un large public à ce monument » (Le Point).

À noter que trois autres bâtiments illustres sont inclus dans ce projet « Tous mécènes » : l’abbaye du Mont-Saint-Michel, le domaine national de Saint-Cloud, et le château et les remparts de la cité de Carcassonne. Mais alors que les amateurs d’art s’étaient précipités pour permettre au Louvre d’acquérir une œuvre de Lucas Cranach ou des statuettes gothiques, l’opération ne semble pas réellement prendre auprès du public, qui pourtant visite par milliers ces hauts lieux touristiques. La faute à un attachement moindre au patrimoine construit qu’au patrimoine mobilier, ou à une sollicitation trop fréquente ? Il semble que le crowdfunding ne soit pas toujours la solution adéquate aux lacunes budgétaires de l’État.

 

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