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Spoliations du régime nazi : « La France va engager des moyens pour rechercher les propriétaires »

Laura Heurteloup 21 mars 2013

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L’État, représenté par la ministre de la Culture Aurélie Filipetti, a remis, mardi 19 mars, lors d’une cérémonie rue de Valois, sept œuvres d’art volées par les nazis sous le IIIe Reich à leurs ayant-droits. Regroupés sous la classification de Musées Nationaux Récupération (MNR), 163 trésors spoliés sont encore à la recherche de leurs propriétaires.

Thomas Selldorff et Aurélie Filippetti lors de la remise de restitution des œuvres spoliées, Paris, ministère de la Culture, 19 mars 2013 © AP Photo/Michel Euler.

« C’est un grand jour pour moi », a déclaré l’américain Tom Selldorff à l’assemblée et aux journalistes présents à la cérémonie officielle visant à restituer aux familles des œuvres d’art spoliées par les nazis pendant la Seconde Guerre mondiale. En 1941, son grand-père Richard Neumann, industriel viennois du textile, avait été contraint de vendre une partie de sa collection pour quitter la France et s’exiler en Espagne. Il semblerait que les six tableaux récupérés aujourd’hui par son petit-fils – dont un Gaspare Diziani, un Sebastiano Ricci et un François-Charles Palko − aient été par la suite réquisitionnés par les Allemands pour compléter la collection du musée qu’Adolf Hitler voulait créer. Héritier de Josef Wiener, banquier de Prague mort au camp de Terezin, M. Mandel, résidant en Israël, représenté mardi par son avocate, a quant à lui récupéré une toile du maître hollandais Pieter-Jansz van Asch. Ces tableaux étaient conservés au Louvre, au musée des Beaux-Arts de Tours, à Agen et au musée de Saint-Etienne.

Cette cérémonie, présidée par Aurélie Filipetti, était également l’occasion de faire un point sur le dispositif permettant le retour de ces œuvres d’art chez leurs propriétaires. Sous le IIIe Reich, 100 000 objets ont été volés aux Français. En 1945, au lendemain de l’armistice, 65 000 sont rendus à la France : trois quart d’entre elles ont pu être remises à leurs ayant-droits et environ 14 000, compte tenu de leur peu de valeur, furent vendus aux enchères. De ce pillage massif, il ne reste aujourd’hui que 2000 œuvres d’art entreposées dans les MNR, dispositif créé en 1949 afin qu’ils soient réunis dans les musées nationaux et bénéficient de conditions de conservation adéquates.

Jusqu’à ce jour, la procédure de récupération était lancée par l’État, si l’ayant-droit en faisait la demande et prouvait par document officiel la propriété de l’objet et/ou le lien de parenté avec l’acheteur de l’objet. Pour inverser la tendance, Aurélie Filipetti veut « engager une démarche dans laquelle la France va engager des moyens pour rechercher les propriétaires, qu’il y ait ou non une demande formelle. […] Pour la France, c’est une question morale autant que scientifique » (Le Figaro). Un groupe de travail  dirigé par le directeur général des patrimoines au ministère, Vincent Berjot, a d’ores et déjà été constitué et est en charge de restituer 163 œuvres. Un bilan est prévu au premier semestre 2014.

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