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Les artistes contre le démantèlement du mur de Berlin

Laura Heurteloup 18 mars 2013

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Vendredi 2 mars, 300 personnes manifestaient contre la démolition d’une partie du mur de Berlin encore intacte, l’« East Side Gallery ». Un entrepreneur souhaite, en accord avec la municipalité de Berlin, y construire un complexe hôtelier. Les Berlinois voient dans ce projet immobilier une atteinte à leur patrimoine.

Une partie de l’ East Side Gallery à Berlin © DR.

Chaque année des millions de touristes visitent l’East Side Gallery, une galerie de peinture en plein air réalisée par 118 artistes du monde entier, suite à la réunification de Berlin-Est et Berlin-Ouest en 1989. Ce patrimoine est classé monument historique depuis 1992.

Or la juridiction de Kreuzberg, le quartier concerné, représenté par son élu vert Franz Schulz, a validé le projet « Living Levels », soit la construction d’un building de luxe de soixante-trois mètres de haut ainsi que la réhabilitation du pont de Brommy, détruit pendant la Seconde Guerre mondiale. Ces travaux nécessitent la destruction d’une partie du mur facilitant l’accès à la Spree, le fleuve qui s’écoule juste derrière.

Les habitants ainsi que la presse berlinoise ne comprennent pas le choix de la municipalité. Le quotidien Berliner Zeitung s’est d’ailleurs exprimé en ce sens : « Les habitants d’Athènes ont besoin d’argent. Mais seraient-ils prêts à reconvertir l’Acropole en centre commercial et à retirer quelques colonnes antiques pour donner accès aux camions de livraison ? Même en Grèce, cela n’arriverait pas. Est-ce que François Hollande peindrait la Tour Eiffel en rouge criard si un sponsor dégageait du fric pour la France en plein déficit ? Impensable. » Du côté des politiques, le constat est sans appel. Pour l’ancien sénateur Michael Braun, cité par Le Journal des arts« c’est une barbarie pour Berlin et c’est une barbarie pour l’art ».

La manifestation du 2 mars dernier a permis l’interruption momentanée des travaux et la publication d’une pétition qui a recueilli pour l’instant près de 78 000 signatures. Thierry Noir, l’un des artistes français auteur d’une partie de la fresque, était sur place ce jour-là et a confié ses impressions à la radio La voix de la Russie : « Quand on a beaucoup d’argent, on peut détourner les lois. Pourtant il est même interdit d’écrire son nom sur le mur. Pour rénover nos peintures, il faut demander l’autorisation. On ne comprend plus rien. C’est vraiment déprimant. […] Le mur appartient à la société qui a acheté le terrain. C’est assez compliqué car on ne sait pas le nom de la société pour faire un référé ».

Pour le moment, le dénouement de la situation est en suspens. Une seule chose est sûre, les morceaux du mur ôtés de la fresque devraient normalement être exposés non loin de son berceau d’origine. Une bien maigre consolation.

Mise à jour le 22 mars : Suite aux manifestations organisées par les artistes contre la destruction d’une partie de l’East Side Gallery, un compromis aurait été trouvé, comme le précise un article du Journal des Arts : « Le projet de percement du mur sur vingt-cinq mètres serait abandonné. Toutefois, le programme immobilier pourrait être réalisé comme prévu. Pour permettre un accès à une voie d’urgence jusqu’au bâtiment, un trou déjà existant de 5 mètres dans la East Side Gallery serait agrandi de quelques mètres. »

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