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La Valise mexicaine, trésor de guerre photographique

Magali Lesauvage 14 mars 2013

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Le musée d’Art et d’Histoire du Judaïsme expose la Valise mexicaine, trésor photographique rassemblant des négatifs de la guerre d’Espagne réalisés par Robert Capa, Gerda Taro et Chim. Un récit passionnant de la naissance du photojournalisme de guerre tel qu’on le connaît aujourd’hui.

Fred Stein, Gerda Taro et Robert Capa sur la terrasse du café Le Dôme à Montparnasse, Paris, début 1936 © Estate of Fred Stein – International Center of Photography.

C’est une histoire incroyable, de celle dont Hollywood aurait dû se saisir depuis longtemps pour réaliser une grande saga teintée d’amour et de violence, sur fond de bouleversements historiques majeurs, de luttes sociales et d’héroïsme surréaliste (un biopic est d’ailleurs en préparation). Avec pour héros trois photoreporters (dont un couple magnifique, Robert Capa et Gerda Taro), et pour MacGuffin une valise remplie de négatifs.

Celle-ci a disparu pendant près de 70 ans, pour être redécouverte en 2008, après être passée par Paris, où Robert Capa l’abandonne pour quitter précipitamment la France en 1939, puis est transportée à vélo à Bordeaux, pour enfin traverser l’Atlantique et rejoindre le Mexique. Elle y est retrouvée dans les affaires de la tante de Benjamin Tarver, réalisateur mexicain, qui les confie à l’International Center of Photography (ICP) de New York. À l’intérieur, ce sont près de 4500 négatifs d’images de la guerre civile espagnole, prises entre 1936 et 1939 par Gerda Taro, David Seymour (dit Chim) et Robert Capa (ainsi que des clichés de Fred Stein réalisés à Paris).

Gerda Taro, Spectateurs de la procession funéraire du Général Lukacs, Valence, 16 juin 1937 © International Center of Photography.

On connaissait déjà un certain nombre de ces images, grâce aux tirages d’époque et aux reproductions parues dans la presse. Notamment la Femme avec un bébé écoutant un discours politique de Chim ou celles levant le poing lors de la procession funéraire du « général Lukacs », combattant républicain, photographiées par Gerda Taro. Mais l’exposition du Musée d’Art et d’Histoire du Judaïsme permet de découvrir un grand nombre de photographies inédites : combattants de la bataille de Segre courant sous les balles et « shootés » par Capa, exilés républicains dans les camps de concentration français, manifestants saisis par Taro, messe en plein air photographiée par Chim.

Ces trois-là lancent les bases du photojournalisme de guerre tel qu’on le connaît actuellement, s’immisçant au cœur du conflit au risque d’y laisser leur vie – Taro, compagne de Capa, meurt pendant la bataille de Brunete en 1937, à l’âge de 27 ans. Capa est hongrois, Taro est allemande, Chim est polonais. Tous trois juifs, ils ont une vingtaine d’années à la veille de la Seconde Guerre mondiale, et font partie d’une génération durement touchée par les conflits européens. Leur engagement est total (Capa et Chim fonderont l’agence Magnum en 1947), tandis que le style de chacun s’affirme nettement. Capa utilise la contre-plongée pour marquer la monumentalité des individus, Taro use de plans nets et de découpages audacieux, Chim apporte un dynamisme unique à ses images.

Grâce à eux, la photographie de guerre rejoint l’art et le photojournalisme devient littérature. Les figures de Malraux et Hemingway, venus assister à la résistance civile espagnole, apparaissent d’ailleurs dans l’exposition, en témoins d’une Histoire qui désormais allait se raconter plus par l’image que par les mots.

 

LA VALISE MEXICAINE (CAPA, TARO, CHIM)

27/02/2013 > 30/06/2013

Musée d’art et d’histoire du Judaïsme (MAHJ)

PARIS

La légendaire valise de Robert Capa, contenant des négatifs de la guerre d’Espagne, était considérée comme perdue depuis 1939. Miracu...

Exposition terminée
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