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Une « Pecha Kucha » pour la Journée de la femme ne fait pas l’unanimité

Laura Heurteloup 6 mars 2013

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Le mois de mars est ponctué par la Journée de la femme que nous fêterons vendredi 8 mars. Pour l’occasion, le Palais de Tokyo s’est rapproché de l’Association Internationale des Critiques d’Art (AICA) pour organiser une « Pecha Kucha ». Une proposition qui n’est pas du goût de tout le monde.

© Palais de Tokyo

Qu’est ce qu’une « Pecha Kucha » ? Initiée en 2003 à Tokyo, cette pratique  japonaise qui signifie « bruit de la conversation » réunit à l’origine des graphistes, designers, industriels, stylistes, architectes et urbanistes autour d’une présentation de leur projet dans un format particulier : ils ont chacun six minutes et quarante secondes pour projeter vingt images et les commenter afin de promouvoir leur création.

A l’occasion de la Journée de la femme, le Palais de Tokyo en association avec l’AICA s’est inspiré de ce procédé original pour organiser une soirée, à partir de 19 heures, rassemblant dix critiques d’art – entre autres Anne Tronche, Marie-Cécile Burnichon, Emile Renard et un homme Philippe Piguet – qui présenteront chacun le travail d’une artiste pendant le temps imparti. A l’issue de ces présentations, un jury international composé de professionnels du monde de l’art désignera le vainqueur, qui se verra gratifier d’une publication dans la revue Art Press (mai 2013) et d’une exposition au Cabinet des dessins du musée d’art moderne de Saint-Etienne Métropole.

Mais cette initiative ne fait pas l’unanimité. De nombreuses critiques d’art dont Marie Muracciole, Marcella Lista et Elisabeth Lebovici déplorent ce « Pecha Kucha » et l’ont fait savoir dans une lettre ouverte rendue publique samedi dernier. Pour elles, il s’agit là d’un « dispositif expéditif », qui « permet de sous-payer ou de ne pas payer du tout les intervenantes consentantes », et concluent que « la journée de la femme se transforme ici en un concours d’éloquence critique, redoublé d’une compétition où dix femmes sont opposées les unes aux autres. ».

La réponse de Raphaël Cuir, président de l’AICA France et vice-président de l’AICA International, publiée dans Le Quotidien de l’Art du 5 mars, ne s’est pas faite attendre. Il y rappelle les principaux objectifs de cet évènement à savoir « un engagement solidaire et une volonté de promouvoir l’action des femmes » ainsi qu’ « expérimenter une autre forme d’expression publique de la critique d’art sans recourir aux modèles traditionnels ». Accusé de ne pas rémunérer les artistes et intervenants, il se permet de préciser : « Je prépare l’évènement depuis des mois bénévolement avec le bureau de l’AICA France. Je demande aussi aux membres de l’AICA de s’investir gracieusement pour valoriser leur travail, l’activité de critique d’art et notre organisation ». Pour conclure, il informe les opposant(e)s à la « Pecha Kucha » que sa porte reste ouverte pour celles et ceux qui auraient « des propositions constructives d’événements pour valoriser la critique d’art et les femmes ».

 

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