Votre action a été enregistrée avec succès !



LA NEWSLETTER

Centre Pompidou mobile au Havre, l’art au plus près du public

Magali Lesauvage 26 février 2013

Share on FacebookTweet about this on TwitterGoogle+

Le Centre Pompidou mobile entame sa cinquième étape avec pour station la ville du Havre. Le projet porté par Alain Seban, président de l’établissement parisien, rencontre un réel succès populaire – et devrait s’exporter jusqu’en Arabie saoudite. En attendant, visite dans le quartier récent de Caucriauville.

Les visiteurs du Centre Pompidou mobile au Havre, devant Disques de Newton, Etude pour fugue à deux couleurs  (1911-1912) de Frantisek Kupka.

Le Havre, quartier de Caucriauville, à l’est de la cité portuaire. Nous sommes dans la ville haute, loin du bord de mer, du musée Malraux, du Volcan et des falaises de craie. Le quartier, qui compte aujourd’hui environ 19 000 habitants, a été créé dans les années 1960, et rattaché au Havre en 1971. C’est une ZUS (zone urbaine sensible), autrement dit un « quartier en difficulté », une « cité » composée de « grands ensembles » (des barres de béton HLM, dont une tour, la tour Komarov, a été dynamitée en 2005) et de vastes esplanades vertes. On est un peu ici entre la ville futuriste du Playtime de Jacques Tati et le Brasilia étale d’Oscar Niemeyer, l’architecte du Volcan, en centre-ville. Depuis quelques mois, le tramway tout neuf arrive en plein cœur de Caucriauville, tendant un arc entre deux terminus aux noms doux à l’oreille du normandophile, « La Plage » et « Pré fleuri », notre destination.

Sur la large avenue d’Arromanches, à une cinquantaine de mètres de l’ultime station du tram qui met le centre du Havre à une vingtaine de minutes de Caucriauville, a été installé le chapiteau du Centre Pompidou mobile, structure de bâches conçue par Patrick Bouchain. Ce « musée nomade », qui a débuté son tour de France en octobre 2011 à Chaumont, puis a voyagé à Cambrai (voir notre compte-rendu), Boulogne-sur-mer et Libourne, réunissant 165 000 visiteurs, est installé là pour trois mois (jusqu’au 22 mai). Il abrite seize œuvres des collections du Centre Pompidou (plus une superbe Sphères-trames de François Morellet provenant du musée Malraux) autour du thème Cercles et carrés, qui succède à celui de la couleur. Il rejoindra la ville de Nantes, pourtant déjà bien dotée en équipements culturels, l’été prochain.

Une thématique formaliste qui permet, comme nous le confie le commissaire de l’exposition Jean-Paul Ameline, d’en approcher beaucoup d’autres, notamment ici celle des sciences. On commence avec un superbe Kupka de 1911, au seuil de l’abstraction, pour finir avec une Cabane éclatée de Daniel Buren. Au passage, des chefs-d’œuvres (d’artistes essentiellement masculins) : Sur les pointes de Kandinsky, l’Hommage au carré de Josef Albers, la Roue de bicyclette de Duchamp, une installation de néons de Dan Flavin, un très beau Fernand Léger de 1920. Un thème qui sied à merveille à la ville, toute de lignes droites et de proportions normées, capitale de l’architecture moderniste redessinée par Auguste Perret au lendemain de la guerre, et qui s’enorgueillit, malgré sa réputation de ville morne, d’être inscrite au patrimoine mondial de l’humanité par l’UNESCO.

Une médiatrice et des enfants devant Untitled (to Donna) 5a, 1971, au Centre Pompidou mobile, Le Havre.

Rigoureuse mais néanmoins vivifiante et accessible, l’exposition du Centre Pompidou mobile permet les digressions de sens et de sensations. C’est ce que tentent de transmettre les médiateurs qui accueillent là une dizaine d’enfants, certains accompagnés de leur famille. On tangue devant un Soto qui vacille sous l’œil, on éprouve les aveuglements colorés des néons de Dan Flavin, on se met sur la pointe des pieds pour ressentir l’élévation (physique comme spirituelle) du tableau de Kandinsky. Les remarques fusent : « Han, t’es assise sur une œuvre ! », déclare celle-ci à sa camarade accroupie sur les carrés d’étain de Carl Andre ; « On dit pas des trous, mais des vides », fait remarquer celui-là au sujet de l’installation de Daniel Buren.

Les habitants du quartier de Caucriauville ne vont jamais, pour la plupart, au musée Malraux, situé sur le front de mer, et qui n’accueille que 60 000 visiteurs par an. Le Centre Pompidou mobile, installé au pied des immeubles, va quant à lui recevoir en continu des groupes d’enfants et d’adultes. Coût pour la municipalité : 400 000 euros (dont la moitié est apportée par les casinos Partouche). « Faire descendre l’art dans la rue », c’est la volonté affichée par le maire du Havre, Edouard Philippe (UMP). « Il faut revenir, car c’est gratuit », ajoute-t-il à l’adresse des collégiens qui se pressent autour de lui pour demander un autographe. Donner envie, créer des habitudes culturelles, émerveiller, émouvoir sont d’autres raisons valables.

CERCLES ET CARRÉS - LE HAVRE

23/02/2013 > 23/05/2013

Centre Pompidou Mobile

HAVRE (LE)

Etape du Havre : Parcours thématique Cercles et Carrés --- Telle une promenade, ce parcours invite à partir à la rencontre des formes g...

Exposition terminée
PRESSE
MEMBRES

LES DERNIERS ARTICLES

AJOUTER UN COMMENTAIRE