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Le vandalisme vandalisé : un mur de Banksy mis aux enchères

Laura Heurteloup 22 février 2013

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Slave labor (Bunting boy), une œuvre réalisée par Banksy, maître incontesté du street art, sur un mur d’une boutique Poundland au nord de Londres, a disparu. Ce « prélèvement mural » est mis aux enchères par la maison de ventes américaine Fine Art Auctions Miami

Banksy, Slave labor (Bunting Boy), 2012 © getty

En mai 2012, en plein jubilé de la reine d’Angleterre, Banksy, le roi du street art, a décidé de marquer le coup en dessinant sur un mur de la boutique Poundland – une chaîne discount – située à Wood Green sur High Road, un Slave Labor (Bunting boy). L’œuvre murale représente un jeune garçon, visière en arrière, les genoux au sol, penché sur une machine à coudre et confectionnant une banderole de drapeaux anglais. Mais le 18 février dernier, les habitants du quartier ont eu la stupeur de découvrir un grand trou dans le mur à la place du graffiti. Une habitante raconte qu’elle avait repéré depuis une semaine, une grande bâche et des échafaudages devant l’œuvre. « Les résidents ont été vraiment choqués et étonnés. Banksy a donné cette œuvre d’art à notre communauté et les gens venaient de tout Londres pour la voir », relate Alan Strickland, un élu du quartier à la BBC. Protégé par un plexiglas, l’œuvre d’art a littéralement été arrachée de son support d’origine.

Le lendemain ils eurent la surprise de découvrir sur le site internet de la maison de ventes de Miami Fine Art Auctions l’œuvre en question, mise aux enchères et estimée entre 500 000 et 700 000 dollars (375 000 à 525 000 euros). Il s’agit sans conteste d’un vol selon l’élu Alan Strickland qui a déclaré à l’Huffington Post : « Je veux savoir pourquoi ceux qui ont fait ça se sont crus autorisés à voler notre Banksy, à voler l’œuvre de notre quartier », mais surtout d’en tirer un profit financier significatif.

Peut-on considérer qu’il s’agisse de vandalisme ? Quelle est la différence entre une Liberté guidant le peuple taguée et un stencil de street art ôté de son mur ? La première est propriété du musée du Louvre, alors que la seconde n’appartient a priori à personne et est donc disponible en libre service. Le mur appartient à Poundland, mais la matière première à Banksy. Il y a donc confrontation entre droit de l’artiste et droit de propriété.

Pour l’avocat Pierre Lautier, spécialiste de la propriété intellectuelle, « le street art est par définition un art éphémère qui est attentatoire à des biens privatifs. Le street artiste a des droits d’auteur sur son oeuvre mais on ne peut pas empêcher un propriétaire d’immeuble de repeindre l’œuvre du street artiste, qui sait qu’elle a vocation à disparaître un jour » (Les Inrocks).

Pour le moment, aucune information n’a été communiquée par la FAAM concernant les conditions d’acquisition du Slave Labor (Bunting boy), ni sur une potentielle autorisation du propriétaire de magasin et de Banksy. Il semblerait tout de même que cette initiative ait été faite dans les règles, a contrario d’évènement passés. En 2012, un anglais avait pillé la façade d’un hôtel de Londres et détaché du mur Sperm Alarm pour le vendre sur eBay contre 17 000 livres (14 500 euros). Ce « vol à l’étalage » lui a valu neuf mois de prison avec sursis.

MàJ le 26/02 : La fresque de Banksy a été retirée samedi, à la dernière minute, de la vente aux enchères de Fine Art Auctions Miami.

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