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Au Louvre, Walid Raad change le regard sur les œuvres d’art islamique

Magali Lesauvage 12 février 2013

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L’artiste libanais Walid Raad, invité par le musée du Louvre pour une période de trois ans, mène une réflexion sur ses collections d’Arts d’Islam, nouvellement installées cour Visconti. Il publie un livre d’artiste, matérialisation d’un jeu sur les formes aplaties, et ainsi rendues plus « digestes ».

Walid Raad, Préface à la troisième édition : Reliure, 2013 © Walid Raad. Remerciements : Hugues Dubois.

Imaginez un monde qui serait plat. « L’islam, nous dit Walid Raad, ne condamne pas la représentation des êtres vivants, mais la troisième dimension, l’ombre ». Et l’artiste libanais, initiateur de The Atlas Group (archive de la guerre du Liban), d’imaginer un monde plat, des artistes du futur qui lui transmettent des messages par télépathie, des entrées de musées réduites à la bidimensionnalité, où les œuvres elles-même seraient plates…

Mené depuis 2007, le projet protéiforme Scratching on things I could disavow (Gratter les choses que je pourrais désavouer) de Walid Raad, s’intéresse à la façon dont le patrimoine des arts de l’Islam est aujourd’hui abordé, à une période de grande méfiance envers les musulmans, qui coïncide avec la multiplication des infrastructures culturelles au Moyen-Orient, et l’intérêt grandissant des musées occidentaux pour l’art d’Islam. Un contraste qui forme, selon l’artiste, « un sol épineux mais fertile pour le travail artistique ».

Le nouveau département des Arts de l’Islam du musée du Louvre, témoignant d’un renouvellement du regard sur une culture et des civilisations mal connues, ainsi que le projet de Louvre Abou Dhabi, sont donc des objets d’étude privilégiés pour la recherche de Walid Raad. Celui-ci présente une exposition au Louvre (dans la salle de la Maquette), dont l’intérêt majeur est une projection d’images. Mais le lieu principal du projet est un livre d’artiste, Préface à la troisième édition, co-édité par le Louvre et les éditions Bernard Chauveau. Un livre quasiment sans texte, une boîte mystérieuse plutôt, dévoilant une par une des planches d’images non reliées, comme dans les livres anciens. Ainsi explique-t-il sa démarche :

« Des quelques 18 000 objets conservés au sein du Département des Arts de l’Islam nouvellement aménagé au Louvre, 294 seront prêtés au Louvre Aboud Dhabi à un moment donné entre 2016 et 2046. De ces 294 objets, les 28 que voici seront affectés par le voyage de diverses manières que les historiens, conservateurs ou restaurateurs de musée n’auraient pu prédire ».

Puis d’imaginer une « corrosion » de ces œuvres, d’ici 2026, pour des raisons « climatiques, immatérielles, psychologiques ou esthétiques ». Le résultat : des images qui se sont déplacées les unes par rapport aux autres, des volumes qui sont devenus plats, des motifs qui se sont glissés là où ils n’auraient pas dû. Un sourire sculpté énigmatique s’arrondit dans la forme d’une coupelle, des bouquets émaillés ornent un manche de poignard à tête de cheval, un chapiteau en haut-relief s’enroule dans une pyxide, un casque surgit en cristal gravé. Confusion des matières, des ordres et des genres, nivellement par le plat (qui correspond à celle du support livre), jeu sur le mystère des formes… Walid Raad est au Louvre pour trois ans, mais déjà notre regard sur les œuvres a changé.

WALID RAAD

19/01/2013 > 08/04/2013

Musée du Louvre

PARIS

Invité pour une carte blanche au Louvre, Walid Raad approche ici pour la première fois l’histoire plus ancienne, et non seulement arabe,...

Exposition terminée
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