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Le Printemps de Septembre à Toulouse change de gamme

Magali Lesauvage 6 février 2013

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Initié depuis plus de vingt ans, le Printemps de Septembre à Toulouse, organisé chaque année à l’automne, change du tout au tout. Nom, dates, format, direction, c’est toute l’identité d’un festival de création contemporaine relativement populaire qui est remise en question.

50 Foot Fly’s Eye Dome, simulation pour le Port-Viguerie, Toulouse, 2013 © Buckminster Fuller Institute.

Pléthorique, multiple, pluridisciplinaire, le Printemps de Septembre (dont les premières éditions eurent lieu à Cahors) égaie chaque année depuis 1991 les lieux phares de la vie culturelle toulousaine, mêlant art, spectacle vivant, performances. Une manifestation qui avait cependant besoin d’un coup de jeune, après quelques éditions inégales, sans doute trop éparpillées et au propos peu clair.

Nouvel intitulé, le « Festival international d’art de Toulouse » aura lieu désormais… au printemps (cette année du 24 mai au 23 juin), et est piloté par un directeur permanent, l’artiste Jean-Marc Bustamante, ainsi qu’un comité nommé pour plusieurs années, composé de personnalités internationales (notamment Penelope Curtis de la Tate Britain, Christy McLear de la Rauschenberg Foundation, ou encore Philippe Vergne, directeur de la Dia Art Foundation). Une internationalisation qui se ressent fortement dans la programmation du Festival, où n’apparaît aucun artiste français (sauf peut-être au Château d’eau, mais l’exposition qui devrait y être présentée n’est pas encore décidée), et essentiellement des artistes anglo-saxons.

Pour le directeur, « Artist comes first » : le sous-titre du festival (en anglais, mondialisation oblige ?) implique que l’artiste devrait être au centre de l’événement. Des projets monographiques ont donc été décidés, sur le principe : un artiste, un projet, un lieu. Le parcours est très resserré par rapport aux éditions précédentes, avec uniquement huit lieux – les structures plus petites ont été quasiment abandonnées, ou reléguées à un « parcours associé ».

Peu d’œuvres seront donc visibles (moins d’une dizaine, hormis l’exposition des Abattoirs), mais certaines d’entre elles sont historiques, comme le dôme géodésique Fly’s Eye de Buckminster Fuller, installé au port Viguerie, sur les berges de la Garonne. Certains artistes eux-même sont historiques, comme Tony Smith, auquel une exposition est consacrée aux Abattoirs, au côté de ses filles artistes, Kiki et Seton Smith. La moyenne d’âge des artistes présents est assez élevée – plusieurs sont même décédés, comme Fuller, Tony Smith et Jason Rhoades, dont une installation est présentée aux Jacobins, et la plus jeune, Lindsay Seers, qui doit être présente à l’Hôtel-Dieu, a 47 ans…

Le Festival devrait donc proposer une offre beaucoup plus restreinte, haut de gamme, loin de l’esprit de fête populaire que l’on peut trouver à Lille Fantastic ou dans le Voyage à Nantes. Cette exigence curatoriale déplace le propos de l’ex-Printemps de Septembre vers une manifestation de prestige, où l’on privilégie la rareté et l’exception à la profusion. Défi risqué, à l’heure des discours bien-pensants sur la démocratisation culturelle, mais que l’on a hâte de voir relevé.

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