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La « Victoire de Samothrace » se refait une beauté

Laura Heurteloup 26 janvier 2013

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Au sommet de l’escalier monumental du Louvre, la Victoire de Samothrace trône telle une gardienne des arts et des lettres. En septembre prochain, elle se refait une beauté sous l’égide de la commission de restauration du musée qui a donné son accord.

Victoire de Samothrace, Musée du Louvre © DR

La Victoire de Samothrace occupe le haut de l’escalier monumental Daru, au musée du Louvre, depuis 1884. Œuvre d’art incontournable de 5,57 mètres de haut, elle est composée de deux parties principales : la statue de 2,75 mètres représentant Niké, une femme ailée, déesse messagère de la victoire, juchée sur une base de 2 mètres en marbre gris veiné de blanc, en forme de proue de navire de guerre typique de l’époque hellénistique.

Découverte sur l’Ile de Samothrace au nord-est de la Grèce, la sculpture a été mise à jour en 1863 en plusieurs parties, exceptés les bras et la tête qui demeurent introuvables, enfouis sous terre ou perdus à jamais. Un an plus tard, les fragments de la Victoire de Samothrace arrivent au Louvre et sont assemblés pour être exposés dès 1866. Ce n’est qu’en 1875 qu’un bloc ressemblant à une proue de navire est découvert et ajouté sous les pieds de Niké qui prend alors de la hauteur.

Les ailes déployées, la poitrine en avant, face au vent qui plaque le drapé de sa robe en tissu fin et fluide contre sa peau dessinée, son manteau dénoué qui glisse le long de sa hanche, cette déesse a tout d’une femme victorieuse et combattante, répandant autour d’elle la nouvelle d’une victoire, remportée aux jeux athlétiques ou à la guerre. Offerte en offrande aux grands dieux de Samothrace, elle est la messagère. Les représentations de la Victoire sont toujours enrichies d’un symbole : couronne, trompette, bandelette ou trophée qui n’ont pas été retrouvés.

Victoire de Samothrace, Musée du Louvre © DR

Véritable icône, symbole d’une époque révolue, la Victoire de Samothrace se devait de retrouver un peu de sa pureté et de ses jeunes années, comme le confirme Jean-Luc Martinez, directeur du département des Antiquités grecques, étrusques et romaines du Louvre : « Nous allons nettoyer la statue qui est devenue très sale, presque marron, avec les années. Nous allons retrouver le contraste entre le marbre blanc de Paros de la statue et le marbre gris de sa base en forme de bateau » (Le Nouvel Observateur).

La commission de restauration du musée du Louvre a donc décidé de lancer un programme de restauration de la statue mais également de rénovation de l’escalier qui l’entoure depuis 1884 et qui accueille environ 7 millions de visiteurs par an. Déjà mise dans les mains d’experts en 1934, ces derniers n’avaient pas réussi à résoudre les problèmes de structure de la Victoire : « La base moderne en béton est légèrement fissurée mais il n’y a pas de danger. […] Nous nous interrogeons également sur une petite béquille à l’arrière qui a été posée au XIXe siècle ».

Dès le mois de septembre, la Victoire de Samothrace sera déplacée pour six mois dans la Salle des Sept Cheminées et installée dans une cabine de restauration vitrée. L’inauguration de l’ensemble de l’espace architectural, dont le coût est estimé à 3 millions d’euros, et doit être pris en charge par le mécénat, devrait avoir lieu fin 2014 ou début 2015.

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