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Anselm Kiefer va réaliser sa « dernière grande œuvre »

Laura Heurteloup 24 janvier 2013

Figure majeure de l’art contemporain allemand, Anselm Kiefer n’en est pas moins français de cœur. Résident depuis 1994 dans la petite ville de Croissy-Beaubourg, en banlieue parisienne, l’artiste prépare sa sortie en projetant sa « dernière grande œuvre », un « musée à ciel ouvert ».

Anselm Kiefer a inauguré le programme Monumenta au Grand Palais en 2007. DR

Il ne fallait pas moins de 35 000 m² d’espace à Anselm Kiefer pour poursuivre son œuvre à Croissy- Beaubourg dès son installation française en 1994. Dans son atelier surgissent de grands formats, d’immenses toiles, reflets d’une vision ouverte à 360° sur le monde, la société, et la pensée. Fort d’une reconnaissance internationale sur la scène contemporaine, il a décidé de « prendre sa retraite », de sortir par la grande porte en réalisant l’œuvre ultime,  le point final d’une carrière bien remplie. Pour le moment aucune précision n’a été donnée sur la nature exacte du projet, essayons donc de réunir les ingrédients de cette « dernière grande œuvre » mystère.

Des épisodes de vie marqués par la guerre

Résolument ancré dans le symbolisme et l’autobiographie, à l’image de son maître, Joseph Beuys, Anselm Kiefer s’est forgé sa propre ligne directrice en s’inspirant des épisodes de sa vie. A soixante-sept ans, cet artiste d’origine allemande, enfant de l’après-guerre (né en 1945), n’a rien oublié de son passé et de ses origines. Malgré une éducation où le nazisme était facilement éludé de la discussion, il découvre l’horreur en écoutant un disque réalisé par les Américains pour éduquer la jeunesse allemande à la fin de la guerre. Une grande claque pour ce jeune garçon qui confie avoir reçu « en plein estomac cet art de la propagande si moderne et si efficace émotionnellement » (Le Figaro).

Depuis, il n’aura de cesse d’interroger l’Histoire et son identité, créant des œuvres fortes, provocatrices. En 1969, il défie ce passé allemand en se prenant en photo en train d’exécuter le salut nazi dans les grandes villes européennes. Pour lui « c’est la première de mes œuvres qui vaille quelque chose » (Le Figaro). Par ses autoportraits, il réveille ses racines, éveille sa propre conscience et celles des autres, il envoie un message d’avertissement sur la pérennisation d’une certaine dictature.

De la matière brute et incandescente

De l’autre côté de la photographie, il y a sa peinture, son utilisation impulsive et compulsive des matières (métaux, terre, végétaux…), qu’il malaxe et parsème sur d’immenses formats procurant une sensation de lourdeur et d’opulence. La profondeur de ses œuvres relève d’un travail sur la substance même de l’idée. Obscures, ses grandes toiles épaisses aux reliefs irréguliers (Zim Zum) attirent dans l’œil d’une catastrophe sur le point d’éclater au grand jour. Kiefer explore les mythes culturels pour n’en extraire que les épopées les plus manichéennes tout en soulignant l’importance du sacré et du spirituel.

Anselm Kiefer, Zim Zum, 1990 © Anselm Kiefer.

De grands espaces pour une signature monumentale

Pour réveiller cette puissance émotionnelle, Anselm Kiefer n’hésite pas à jouer avec le monumental en bouleversant les sens. En 2007, invité au Grand Palais pour la première édition de Monumenta, il expose les décombres d’une Allemagne figée entre la tôle froissée, le béton armé et le verre brisé. Fin 2012, il inaugure  la galerie Gagosian au Bourget par une installation grandeur nature en recréant un champ de blé de 47 mètres sur 14, en référence au souhait des Américains de transformer l’Allemagne en terre agricole.

Dans le cadre de l’exposition De l’Allemagne au Louvre (à partir du 28 mars prochain), le président du musée  Henri Loyrette a passé commande auprès de Kiefer d’une œuvre qui arrivera en prologue de cette odyssée artistique réunissant Paul Klee, Philipp Otto Runge, Otto Dix et les autres. Pour l’occasion, et déjà dans une démarche d’un départ imminent, il a découpé ses gravures sur bois réalisées dans les années 1980 pour les assembler en une installation monumental. Une façon pour lui de continuer à semer son œuvre pour la postérité.

Cette « retraite » programmée bouleverse le monde de l’art. Le Centre Pompidou prévoit déjà une grande rétrospective Anselm Kiefer en 2015. Nous n'avons donc pas fini d'entendre parler de lui.

 

DE L'ALLEMAGNE

28/03/2013 > 24/06/2013

Musée du Louvre

PARIS

Riche de plus de deux cents oeuvres, l’exposition propose une réflexion autour des grands thèmes structurant la pensée allemande de 180...

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