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Arty Bollocks : artistes, générez votre propre statement !

Magali Lesauvage 17 janvier 2013

En langue anglaise, l'expression imagée « It's all just bollocks » signifie, entre autres choses : « C'est n'importe quoi ». On l'emploiera (dans un contexte familier) lorsqu'on tombe sur un contenu incompréhensible, un charabia éhonté, absurde.

Certaines notes d'intention d'artistes, communiqués de presse d'expositions ou articles critiques provoquent parfois ce type de commentaires, tant leur contenu est ampoulé et abscons. Certes, l'exercice est difficile, mais il est assez pénible de voir sans arrêt les mêmes expressions éculées et le même vocabulaire spécifique, familier aux seuls lecteurs du sérail.

Certains se donnent pour cela beaucoup de peine, et cela se sent. Afin de les aider à rédiger plus aisément leur statement (en français aussi on dit plutôt statement que déclaration d'intention...), un site Internet propose (en anglais) un générateur d'arty bollocks – ou baragouin artistique. L'avantage étant également que, si le statement ne convient pas, on peut en générer d'autres, indéfiniment...

Cliquez sur « Generate some bollocks », et c'est parti ! Exemple :

« Mon travail explore la relation entre la doctrine du Bauhaus et l'observation des OVNI [ou la tyrannie du vieillissement et les cadeaux non désirés]. Avec des influences aussi diverses que Machiavel et John Lennon [ou Kierkegaard et Andy Warhol], de nouvelles combinaisons sont fabriquées à partir de dialogues tant ordinaires que transcendants [ou de nouvelles tensions sont créées à partir de niveaux à la fois simples et complexes]. Depuis que je suis étudiant [ou enfant], je suis fasciné par l'oscillation sans fin de l'univers [ou l'interprétation traditionnelle des relations]. Ce qui débute comme une vision [ou un triomphe] devient rapidement manipulé dans une hégémonie de la défaite [ou corrompu dans une cacophonie de la défaite], laissant seulement une sensation d'échec [ou de chaos] et de commencement d'un nouvel ordre [ou désordre]. Tandis que des dérivés subtils [ou des répliques spatiales] se retrouvent transformés par la pratique émergente et critique, le spectateur n'entrevoit qu'un aperçu de la noirceur de notre époque [ou de l'imprécision de notre époque]. »

Une version plus courte, en moins de 140 signes, est destinée à être postée sur Twitter. Exemple : « Mon travail explore la relation entre le corps et les espaces urbains ». On peut également recevoir un certificat d'artiste, à condition de « produire au moins occasionnellement des œuvres d'art, se demander si son travail vaut d'être exposé, ou montrer des signes d'anxiété propres à un artiste ». Tout cela est caricatural et prête à rire, mais reflète assez bien certains automatismes discursifs dans lesquels les acteurs de l'art peuvent tomber (ainsi en est-il également de la difficulté à résumer en quelques mots le travail d'un artiste).

À vous maintenant.

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